Mes yeux éblouis ne perçoivent rien tout d’abord, en la salle somptueuse et fraîche, refermée sur l’ombre comme un coffret.

Si Larbi et quelques amis gisent affalés parmi les coussins. Hadj Hafidh ronfle avec conviction, les autres s’étirent et bâillent. A travers la croisée ils surveillent les progrès de l’ombre qui, insensiblement, allonge ses arcades sur le sol.

—Encore cinq heures jusqu’au moghreb!

La conversation languit. Ils se taquinent entre eux avec des plaisanteries toujours répétées.

—Si Mohammed! Tu sembles altéré. Veux-tu prendre une tasse de thé ou du sirop de grenades?...

—Allah te bénisse! Je n’ai besoin de rien.

—Que cherches-tu?... Ta tabatière?... Voici la mienne.

Si Larbi, à demi soulevé de ses coussins, tend au vieillard la petite boîte de corne pleine d’odorante neffa.

Si Mohammed détourne la tête, mais ses narines palpitent et, instinctivement, il esquisse le geste du priseur...

Tentation! Suprême et trop douloureuse tentation!