Je vais de droite et de gauche… »
O la fleur qui s’épanouit !
Petite sultane est son vrai nom,
Voici que son maître paraît…
Bienvenue à la beauté de Fez !
Accourez et inclinez-vous,
Devant madame la mariée.
Le cortège s’était engouffré dans une étroite cour, fraîchement badigeonnée d’outremer et de jaune serin, et l’on déposa Meryem sous un dais où Moché Abitbol vint la rejoindre. Son regard oblique s’illumina d’une lueur en contemplant la petite épouse qui lui était destinée. Elle avait bon air au milieu du scintillement de ses bijoux ! Des rangs de perles se mêlaient aux soualef, des bracelets chargeaient ses bras fluets, des boucles d’oreilles aux longues pendeloques tremblaient à chacun de ses mouvements, et d’innombrables colliers de pierreries couvraient sa gorge enfantine, toute plate, mais dont la peau très blanche apparaissait entre les joyaux. Meryem n’osait remuer dans son beau costume de velours vert brodé d’or ; l’ample jupe à godets s’étalait autour d’elle en plis raides, et le boléro enserrait son buste d’une cuirasse étincelante, au-dessus de laquelle une guimpe décolletée, en mousseline lamée d’or, jetait un éclat plus fin. Le visage de la petite, rehaussé de rouge et de kohol, restait invisible sous un voile.
Moché lui mit dans la main un guirch[39], en prononçant les paroles sacramentelles :
Au nom de la loi de Moïse,