J’ai composé ces vers délicats en l’honneur de celle dont le regard est affolant, d’une beauté aux noires prunelles.
Écoutez et jugez :
Je rencontrai ma belle dans la nuit, comme elle se rendait au hammam. Elle marchait languissamment au milieu de ses négresses.
Par Mouley Idriss ! c’est une fille de noble race… son haïk de laine fine la dissimule tout entière… Pourtant, je vis son talon, son petit talon, teint de henné ; ainsi, je connus qu’elle était jeune.
La curiosité s’empara de mon esprit. Je passai ma nuit à l’attendre… Lorsqu’elle sortit, ô la plus douce des récompenses ! J’aperçus deux yeux noirs, deux yeux au regard pénétrant, dont mon cœur fut à jamais troublé.
Depuis ce jour, je devins la proie des tourments ; le sommeil déserta ma couche et j’errai à travers la ville sans regarder aucune chose. Le fardeau de l’amour excédant mes forces, j’allai trouver une vieille astucieuse, et lui confiai ma peine :