L’une d’elles apporte le café dans de petits calices en porcelaine rose. La conversation languit entre mes amies et moi, car, depuis ma dernière visite, leur vie s’est écoulée uniforme, goutte à goutte, comme cette eau qui tombe régulièrement de la vasque de marbre dans le bassin, au milieu du patio.
Et mes occupations à moi, elles ne les comprendraient pas.
Alors j’appelle à mon aide le petit stéréoscope, emporté à cette intention.
— Vous allez voir…
Mais déjà Lella Zenouba s’est enfuie peureuse, et la princesse Bederen’nour affolée se cache le visage.
— Non ! non ! ne nous photographie pas ! C’est impossible !… une petite-fille de Si M’hamed bey !… Une fille du ministre de la plume !…
Je rassure mes défiantes amies :
Cet appareil n’est point « une machine à portraits ». Sur la tête de ma mère ! Mais qu’elles regardent plutôt…
Timidement la princesse Bederen’nour risque un œil, puis deux.
— O Allah ! qu’est ceci ?