Labouqui. Boumoufoulacounda.
Kérouané. Calloia.
Yrratilia.

Ces Peulhs sont venus là, mi-partie du Fouta-Diallon, mi-partie du Fouladougou. Les uns sont des Musulmans fanatiques et les autres des buveurs de gin enragés. Ils s’adonnent principalement à la culture et à l’élevage des bestiaux. La plupart ont cherché dans le Coniaguié un refuge contre les exactions des almamys du Fouta-Diallon et de Moussa-Molo, le souverain du Fouladougou. Leurs villages sont, comme partout ailleurs, construits en paille, et, en général, sales et mal entretenus. Ils vivent là tranquillement sous la protection des Coniaguiés qui, à l’encontre des autres peuples, ne les molestent et ne les tracassent jamais.

Groupe de Coniaguiés.

2o Malinkés. — Les Malinkés sont de beaucoup plus nombreux. Ils forment plusieurs villages qui sont, en général, situés non loin du village Coniaguié auquel ils empruntent le nom. Ces villages sont, pour la plupart, construits en paille. On n’y trouve que fort peu de cases en terre bâties comme celles des autres pays Malinkés. Pas de tatas. Le village est simplement entouré d’une légère palissade faite en tiges de mil. Voici les noms de ces villages :

La population de ces différents villages forme un total d’environ 1,500 ou 2,000 habitants. Les Malinkés du Coniaguié sont, en grande partie, venus du N’Ghabou aujourd’hui Fouladougou, chassés par la guerre sans merci que leur firent Moussa-Molo et son père. Ils sont pour la plupart musulmans et s’adonnent spécialement à la culture. Beaucoup d’entre eux se livrent en même temps au commerce. Ce sont eux qui, en grande partie, introduisent dans le pays les quelques étoffes, le sel, la verroterie, etc., etc., dont font usage les Coniaguiés. C’est surtout à Mac-Carthy et à Yabouteguenda qu’ils se procurent tout ce dont ils ont besoin pour leur commerce. Bien qu’ils vivent en très bonne intelligence avec leurs hôtes qui ne les pillent et ne les rançonnent jamais, ils seraient très heureux de voir le pays soumis à l’influence française ; car ils ne doutent pas que la paix la plus profonde y règnerait alors et qu’ils pourraient faire leur petit trafic en toute sécurité. Pendant notre séjour dans le Coniaguié, les Malinkés d’Yffané me rendirent de signalés services et ce fut à eux que mes hommes durent de ne pas souffrir de la faim.

La majorité des Malinkés du Coniaguié appartient à la grande famille Mandingue des Dioulas. Je ferai remarquer à ce propos qu’il importe de ne pas confondre la famille des Mandingues Dioulas avec les commerçants auxquels les Européens donnent ce nom. C’est à tort que nous appelions ces colporteurs Dioulas, car cette appellation qui peut s’appliquer aussi bien à des Ouolofs, des Sarracolés, des Bambaras, etc., etc., qu’à des Malinkés, peut donner lieu à des confusions contre lesquelles il est important que le lecteur se mette en garde. Peut-être l’origine de cette expression vient-elle de ce que les Malinkés Dioulas de la rive droite du Niger sont surtout marchands ambulants. On aurait alors, à la longue, donné ce qualificatif à tous les colporteurs du Soudan à quelque race qu’ils appartiennent. On a toutefois toujours soin d’y ajouter le nom de leur nationalité. Ainsi on dira : un dioula Malinké, un dioula Sarracolé, un dioula Peulh, etc., etc. Mais si l’on parle d’un Malinké de la famille des Dioulas on dira : un dioula au même titre que l’on dit : un Tarawaré, un Sisoko.

3o Coniaguiés. — Les Coniaguiés sont de beaucoup les plus nombreux. Ils forment un grand nombre de villages dont voici les noms :