| Un | Dampo. | Six | Divian. |
| Deux | Noky. | Sept | Goby. |
| Trois | Ouanar. | Huit | Diovay. |
| Quatre | Ouanaky. | Neuf | Dionak. |
| Cinq | M’Bed. | Dix | Ouarraky. |
On ne connaît ni la semaine, ni aucune période de temps qui s’en rapproche.
Comme mesure du temps on ne connaît absolument que le mois lunaire, et les années se comptent du commencement de la saison des pluies au commencement de la saison pluvieuse suivante. Quant à l’année solaire, ils n’en ont aucune notion et ils ne connaissent les heures du jour que par la distance du soleil au-dessus de l’horizon. Par contre, ils savent parfaitement s’orienter le jour par le soleil, la nuit par la lune quand elle se montre, ou par les étoiles. Si l’on demande sa route à un Coniaguié et qu’il vous indique du doigt la direction dans laquelle se trouve le village où vous désirez aller, vous pouvez être certain qu’en suivant ses conseils, vous ne vous écarterez que rarement de la bonne voie. Cette facilité et l’exactitude avec lesquelles ils s’orientent, sont communes d’ailleurs à toutes les peuplades du Soudan.
En résumé, d’après ce que nous venons de dire, nous pouvons conclure que le Coniaguié se rapproche sensiblement du Malinké ; à notre avis, ou bien c’est un Mandingue dégénéré, ou bien c’est un Mandingue qui n’a pas encore progressé.
Situation politique actuelle. — Rapports des Coniaguiés avec leurs voisins. — La situation politique au Coniaguié est actuellement déplorable. On peut dire que tout le monde y commande et que personne n’y obéit. C’est la raison principale de la faiblesse de ce peuple. Mieux conduits et surtout mieux commandés, ils résisteraient mieux aux attaques de leurs voisins. Quoiqu’ils fassent cependant, nous estimons qu’ils finiront par disparaître un jour ; car ils sont dans un état d’infériorité évidente vis-à-vis de ceux qui les entourent. Ils ne sont, à tout point de vue, que mal armés pour soutenir la lutte à laquelle ils sont journellement exposés et à laquelle leurs voisins et ennemis sont mieux préparés. A part le pays de Padjisi et de Toumbin, les Coniaguiés ne vivent en bonne intelligence avec aucun de leurs voisins, ou plutôt ils sont sans cesse en butte à leurs attaques. C’est, en effet, chez eux que Moussa-Molo et les colonnes du Fouta-Djallon vont faire la plupart de leurs captifs. Non loin du Coniaguié, dans le Sud-Est, existe à N’Bama, en permanence, une colonne de Peulhs commandée par un marabout du nom de Tierno-Birahima, qui n’est qu’un lieutenant de l’Almamy du Fouta-Djallon. Ils pénètrent, à chaque instant, sur le territoire Coniaguié et y font toujours de nombreux captifs. Quelque temps avant mon arrivée cependant, les Coniaguiés, attaqués à Uttiou par Tierno-Birahima, avaient mis complètement son armée en déroute et fait de nombreux prisonniers.
Pendant longtemps, ils ont été avec Damentan en guerre ouverte. Mais depuis quelques années, ils vivent en meilleure intelligence et tout fait espérer que, de leur fait, la paix ne sera pas de longtemps troublée.
Aucune nation européenne n’a jamais eu aucun rapport avec eux, nous sommes les premiers qui les ayons visités et ils nous ont manifesté tout le désir qu’ils ont d’entrer en relations avec nous. Je crois qu’une entente avec eux ne pourrait qu’être utile pour asseoir définitivement notre autorité dans cette partie du Soudan. Nous aurions par là entrée dans les provinces septentrionales du Fouta-Djallon et pourrions tenir en respect Moussa-Molo et ses Peulhs. De plus cette possession nous donnerait encore environ une centaine de kilomètres de la rive gauche de la Gambie, et nous mettrait plus directement en rapport avec le Niocolo et les autres dépendances du Fouta-Djallon dans ces régions. Nous serions enfin absolument maîtres de tout le cours de la Rivière Grey. Pendant mon séjour dans ce pays je n’avais aucune qualité pour conclure avec ses chefs un arrangement quelconque, mais je réussis à décider Tounkané à envoyer des mandataires auprès de M. le capitaine Roux, de l’infanterie de marine, à Nétéboulou, où il devait se rendre, afin de s’aboucher avec lui qui, comme commandant du cercle de Bakel, avait tous les pouvoirs nécessaires pour régler cette importante question. J’ai appris depuis que Tounkané avait tenu sa parole, que ses hommes avaient rencontré le capitaine Roux à Damentan et qu’un traité d’amitié y avait été signé.
Renseignements recueillis sur le pays de Bassaré
Dans le Sud-est de Damentan et à l’est du Coniaguié, dont le sépare une profonde vallée, se trouve le pays de Bassaré, dont les villages, comme ceux du Coniaguié, s’élèvent sur un vaste plateau de même formation géologique que le précédent. Ce pays est habité par une population de même race que celle du Coniaguié, mais dont la langue est complètement différente. Ils ont le même costume et à peu de choses près les mêmes usages. Nous ne ferons qu’indiquer ici ce en quoi ils diffèrent de leurs voisins.
Dans le Bassaré n’habitent que des Bassarés. C’est le nom que l’on donne aux habitants de ce pays aussi sauvage que son voisin. Il n’y a ni Peulhs, ni Malinkés.