Dans ce parcours de plus de quatre-vingts kilomètres, pendant lesquels la Gambie coule dans le pays de Badon, elle ne reçoit, sur sa rive droite, qu’un fort petit nombre de marigots, et encore sont-ils de très minime importance. Nous citerons particulièrement : le Koussini-Kô qui lui sert de limite ou plutôt de point extrême, de la ligne fictive qui sépare le Badon du Niocolo au Sud-Est.

Le Fatafi-Kô qui, formé par les eaux du désert de Coulicouna, traverse le Badon du Nord au Sud et se jette dans la Gambie non loin de Tomborocoto.

Le Koroci-Koto qui naît également aussi dans le désert de Coulicouna et dont le cours se dirige du Nord-Est au Sud-Ouest.

Le Bamboulo-Kô. — Ce marigot est formé par trois branches qui drainent et apportent à la Gambie les eaux du Nord et du Nord-Est du pays de Badon. C’est entre ses deux branches principales qu’est construite la ville de Badon ; sa troisième branche, la plus occidentale, est de peu d’importance. Chacune de ces branches reçoit un grand nombre de petits marigots qui les font communiquer entre elles et qui sont à sec pendant la belle saison. Ils n’ont pas de noms particuliers.

Du Bamboulo-Kô au Niocolo-Koba nous ne trouvons plus aucun marigot, se rendant directement à la Gambie, qui mérite d’être mentionné.

Le Niocolo-Koba prend naissance dans le désert de Coulicouna où dans la partie première de son cours, il s’étale en un vaste marais qui pourrait à la rigueur être considéré comme son origine primitive. Il se dirige d’abord du Sud-Est au Nord-Ouest pendant environ soixante-dix kilomètres, puis faisant un grand coude, son cours s’infléchit et il coule alors du Nord-Est au Sud-Ouest pendant environ soixante kilomètres. Il se jette dans la Gambie à quatre-vingts kilomètres, à peu près, en aval du Koussino-Kô. Il forme la limite entre le Badon et le Gamon.

Le Niocolo-Koba reçoit, dans le pays de Badon, un grand nombre de marigots dont nous allons citer les principaux. Nous trouvons en procédant d’amont en aval les cours d’eau suivants : le Sitadioumou-Kô qui reçoit lui-même deux marigots importants sur sa rive droite, le Fabilo-Kô, qui passe non loin de Sibikili, au Sud-Ouest, peu large, cinq mètres au plus, et où coule en toute saison une eau limpide et claire, et le Koumouniboulou-Kô, que l’on traverse en venant de Gamon à Sibikili. Ce dernier est pendant la saison sèche plutôt un véritable marécage qu’un marigot proprement dit ; mais, pendant la saison des pluies, l’eau y coule en abondance ; il déborde sur une notable étendue de terrains, et c’est dans cette partie inondée que les habitants de Sibikili font leurs rizières : elles sont vastes et très productives. Ce sont, du reste, les seules qu’ils possèdent.

A quinze kilomètres environ en aval du Sitadioumou-Kô, on trouve le Séré-Kô ou Kéré-Kô, marigot important, large, à berges encaissées et qui reçoit lui-même le Dalésilamé-Kô, qui lui apporte les eaux qu’il collecte dans l’angle formé par la Gambie et le Niocolo-Koba. Le Dalésilamé-Kô forme avec le Séré-Kô un angle de trente degrés au plus.

Nous trouvons plus loin le Diala-Kô, joli petit marigot fort ombragé et ainsi nommé parce que ses bords sont couverts de magnifiques caïl-cédrats. Sa vallée est sans contredit la moins aride de cette région.

Enfin, à peu de distance du Diala-Kô et au Nord-Ouest, se trouve le Sandikoto-Kô, marigot peu large, mais profondément encaissé dans des rives à pic. Son passage offre de sérieuses difficultés, surtout pour les animaux.