GuénobantaYéralaNiafatoFoutouba

Outre ces quatre villages Sisokos, il y a encore un village Fobana, Kéniéti, et un village Daniogo, Linguékotendi.

La population totale du Diabéli peut être estimée à environ 1,500 habitants. Le chef actuel est un vieillard qui ne jouit d’aucune autorité sur ses sujets. Il se nomme Tantombo-Famori-Sisoko. Le Diabéli a été colonisé par deux fils de Moussa-Sisoko, Sambou et Coubacka. Les Fofanas et les Daniogos ne vinrent s’y établir que bien après eux. Les premiers sont originaires du Bafing de Sandénia et les seconds du Soubou de Dioulaguénou. Ce petit État est également placé sous le protectorat de la France.

30 janvier. — Je quittai Guénobanta à 5 h. 20 du matin par un ciel excessivement couvert. Il fait un vent épouvantable. Peu après notre départ la pluie se met à tomber en abondance. C’est une véritable pluie d’hivernage.

A quelques centaines de mètres du village, nous traversons le marigot de Toulicoto-Kô et, à 6 h. 50, nous arrivons, absolument trempés, à Yérala.

Yérala est un village Malinké de 250 habitants environ. C’est le dernier village du Diabéli au Nord. Il est construit au pied du Tambaoura, et, à l’encontre des autres villages de cette région, entouré de beaux lougans. Il ne possède pas de tata extérieur et les cases du chef sont entourées d’une enceinte en fort mauvais état. Le village est lui-même fort mal entretenu. La pluie et le vent font rage quand nous y arrivons. Heureusement que nous trouvons de bonnes cases pour nous abriter et de bous feux pour nous sécher. Je suis littéralement trempé et je grelotte la fièvre à outrance. A peine sommes-nous arrivés que le chef du village vient me saluer et fait apporter une douzaine de calebasses de couscouss pour mes hommes. Tous se repaissent, je prends deux verres d’excellent lait, et, la pluie ayant cessé, nous nous remettons en route à 7 h. 40.

Nous arrivons sans encombre à Dialafara à 9 h. 15, après avoir traversé le Nété-Kô, qui forme la limite entre le Diabéli, et le Tambaoura, et, un peu avant d’arriver à Dialafara, le Dagoussa-Kô, qui coule au pied du monticule sur lequel s’élève le village. A mi-chemin nous avions rencontré le fils du chef, que son père avait envoyé à notre avance. Il fait toujours un vent atroce.

De Guénobanta à Dialafara, la direction générale est Nord et l’étape n’a pas plus de 17 kilomètres. La route ne présente absolument aucune difficulté. Elle longe à environ huit cents mètres le pied du Tambaoura, dans une plaine absolument unie qui ne présente pas de reliefs de terrain appréciables. Au point de vue géologique, toujours les mêmes terrains. En quittant Guénobanta, et après avoir traversé le Toulicoto-Kô, on traverse une vaste plaine argileuse qui s’étend jusqu’aux environs de Yérala, où la latérite apparaît. En thèse générale, dans cette région, c’est au pied du Tambaoura que se trouve la latérite, les plaines qui s’étendent à l’Ouest sont uniquement formées d’argiles. Peu après Yérala, nous avons de nouveau les argiles. Nous trouvons un petit banc de latérite aux environs du Nété-Kô, puis de nouveau l’argile jusqu’à Dialafara, où reparaît la latérite.

La flore n’a pas changé. Beaucoup de karités, dont quelques-uns sont énormes. Les caïl-cédrats, fromagers, nétés sont aussi fort communs. Dans les terrains argileux, beaucoup de mimosées. Peu de lianes à caoutchouc.

Dialafara, où nous faisons étape, est un village Malinké d’environ 500 habitants. Il tombe littéralement en ruines. C’est la résidence du chef du petit État de Tambaoura. Il est démuni de tata extérieur. A l’intérieur, quelques petits tatas appartenant à des particuliers. Celui qui entoure les cases du chef est fort mal entretenu. Les lougans qui entourent le village sont relativement peu étendus, parce que la population ne s’occupe guère qu’à rechercher l’or dans les environs. C’est, du reste, la caractéristique de tous les villages dans le voisinage desquels se trouvent des placers. Ils sont beaucoup plus pauvres que les autres et la famine y est plus fréquente.