3o Ouolofs. — Ils sont désignés par les Malinkés sous le nom de Sourouaou. Venus du Saloum et du Bondou, ils ont fondé dans le Ouli plusieurs villages remarquables par les belles cultures qui les entourent. Ils sont musulmans, mais, en général, peu pratiquants. Chassés du Saloum par la guerre et du Bondou par les exactions des Almamys, ils vivent en paix dans le Ouli, nullement tracassés par les maîtres du pays. Ce sont avec les Peulhs, les grands agriculteurs de cette région. Ils n’ont que fort peu de captifs et font tout par eux-mêmes. Aussi leurs lougans sont-ils les plus beaux que nous ayons vus. Ils élèvent aussi beaucoup de bœufs, moutons et chèvres.
Leurs villages, comme ceux des Ouolofs des autres pays, sont construits en paille, tiges de mil ou bambous jointifs. Ils sont aussi sales et aussi mal entretenus que ceux des Malinkés. Je fais toutefois une exception pour Goundiourou, qui m’a paru propre et en bon état. Voici les noms des villages Ouolofs du Ouli.
| Tatoto | Goundiourou | Ahmady-Faali-Counda | |
| N’Dokkar | Passi | Diaecounda | Diabaké. |
Nous ne saurions trop les favoriser, car ce sont des gens paisibles et travailleurs, ce qui est rare dans ce pays, où la fainéantise est à l’ordre du jour.
4o Sarracolés. — Trois villages de Sarracolés venus du Bondou pour les mêmes motifs qui en ont fait partir les Ouolofs, s’élèvent non loin d’autres villages. Ce sont : Goundiourou, près des Ouolofs ; Dalésilamé, près d’un village Malinké musulman du même nom ; Badiaga-Counda, près du village Malinké qui se nomme ainsi. Musulmans, comme leurs voisins, les Sarracolés vivent en bonne intelligence avec eux et cultivent paisiblement leurs champs de mil et d’arachides. Ils ne font pas parler d’eux, ce qui est une bonne note pour un village noir ; car lorsqu’il fait parler de lui, ce ne peut être qu’en mal.
5o Peulhs. — Les Peulhs du Ouli sont relativement très nombreux. Ils y vivent depuis que les Malinkés s’y sont établis, et sous leur protection, qu’ils paient peut-être un peu cher, comme nous le verrons plus loin. Ils n’ont aucune religion et s’enivrent comme de véritables Malinkés. D’où sont-ils venus ? on n’en sait trop rien. Cependant voici une version qui m’a été donnée et qui pourrait bien être la bonne surtout en ce qui concerne les dernières migrations Peulhes dans le Ouli.
Lorsque le père de Moussa-Molo, le chef actuel du Fouladougou, Alpha-Molo, vint dans le pays pour en faire la conquête, son armée était presque uniquement composée de Peulhs venus de partout se joindre à lui. C’est avec eux qu’il conquit le Ghabou et en chassa les Malinkés qui se réfugièrent dans le Sandougou, le Niani, le Damentan, le Bassaré et le Coniaguié. A leur place, il installa ses Peulhs et donna au pays le nom de Fouladougou (Pays Peulh) qu’il a conservé depuis. Mais, peu après, n’ayant plus les Malinkés à piller, il pressura ses propres sujets. Alors commença vers le Niani, le Ouli et le Sandougou, cette émigration Peulhe qui n’a fait que continuer depuis que Moussa-Molo a succédé à son père et s’est livré aux mêmes rapines et aux mêmes exactions. Ce serait alors que les Peulhs de Fouladougou vinrent se fixer dans le Ouli, il y a une soixantaine d’années environ. Les Malinkés leur donnèrent l’hospitalité ; mais ils la leur font payer en les pressurant encore plus que Moussa-Molo.
Ils ont fondé dans le Ouli un grand nombre de villages de culture entourés de beaux lougans. Le Peulh est comme le Ouolof, il n’a pas ou peu de captifs et fait ses travaux lui-même. Leurs villages sont en paille, provisoires, car il aime le changement et ne construit jamais d’une façon définitive. Ils élèvent quantité de bœufs et sont une véritable richesse pour le pays. Le Peulh est aussi sale et aussi puant que le Malinké, mais il est excessivement travailleur, dans le Ouli, du moins, qualité qui manque absolument à ce dernier. Voici les noms des villages Peulhs du Ouli.
| Canapé | Saré n’dougo | Tiamoye. |
| Passamassi | Marosouto | Saré-Dialloubé. |
| Suo-counda | Koursacoto | Sara-Dadoa. |
| Ilo-counda | Demou-counda | Collinkan. |
| Gelaio-counda | Codiara-counda | Farato. |
| Tabandi | Coumbali | Boro. |
| Candé-counda | Ouro-Sara-dado |
Situation et organisation politiques. — La famille des Oualiabés est, avons-nous dit, la famille régnante du Ouli. Le chef porte le titre de Massa et ses fils prennent le nom de Massara (fils du Massa). Le sol du pays est sa propriété et les habitants ne sont, pour ainsi dire, que des usufruitiers. Avant notre arrivée, il pouvait disposer de leurs biens à sa guise, et même les chasser, s’il le voulait.