Dans toutes ces affaires, Ousman-Celli, ne voulant pas voir l’autorité Toucouleure divisée, se rangea sous les ordres de Maka-Cissé ; mais celui-ci conserva à son village toutes ses prérogatives et libertés.
Le Sandougou oriental (Guimmé-Mahmady) est bien plus vaste que son voisin. Sa population peut être estimée à environ 6 à 8.000 habitants, Malinkés, Peulhs, Sarracolés, Toucouleurs, dont voici les villages :
| 1o VillagesMalinkés musulmans. | ||
| Dalésilamé. | Tiangali. | Couraho. |
| Toubacouta. | Diakaba. | Paqueba. |
| Kouongo. | Missira (résidence du chef). | Medina. |
| Koundansou. | Diabougou. | Sandougoumana. |
| Boulembou. | Tabadian. | |
| 2oVillages Peulhs. | ||
| Pilengui. | Saré-Demba-Laba. | Saré-Fodigué. |
| Saré-Dadé. | Diamkoulori. | Saré-Bourandio. |
| Souma-Counda. | Sara-Ouri. | Sidigui-Counda. |
| Ouali-Dembera. | Ahmadyciré. | Saré-Koli-Demou. |
| Tiangali-Foulbé. | ||
| 3o VillagesToucouleurs. | ||
| Alphagaia. | Dialloubé. | |
| 4oVillages Sarracolés. | ||
| Dalésilamé. | Diabougou. | Boulembou. |
Le Sandougou occidental (Maka-Cissé) est bien moins important que le précédent. Il ne compte guère plus de 4 à 5.000 habitants. Autour des villages Toucouleurs se sont élevés quelques villages Ouolofs et Peulhs. Du reste, les Toucouleurs font tout ce qu’ils peuvent pour attirer chez eux les émigrants, et nul doute que ce petit pays ne soit appelé à un avenir certain. Voici la liste de ses villages :
| 1o VillagesToucouleurs. | |||
| Naoudé. | Oualia. | Alimakaia. | |
| Saré-Demboubé. | Kamana-Counda. | Dinguiray ou Niankoui (résidence du chef). | |
| 2oVillages Ouolofs. | |||
| Tabandi. | Baia. | ||
| 3oVillages Peulhs. | |||
| M’Barani. | Saré-Demba-Ouali. | Saré-Guéda. | Saré-Dialo. |
D’après ce que nous venons de dire, on comprend que la situation ne soit pas des plus amicales entre les deux chefs du Sandougou. Sans doute, Guimmé-Mahmady ne peut faire autrement qu’accepter ou plutôt supporter une situation qu’ont créée ses prédécesseurs et que des traités ont sanctionnée. Mais il n’en existe pas moins une sourde hostilité entre les deux pays, et on en serait déjà venu aux mains si nous n’étions pas là. Guimmé-Mahmady voit bien où tendent les Toucouleurs, à s’agrandir sans cesse à ses dépens. Il n’est que temps qu’une solution intervienne et que des limites certaines soient assurées aux deux États, afin que chacun reste chez soi et pour éviter ainsi tout conflit. Un grand pas a déjà été fait dans ce sens, grâce à l’énergie de M. le capitaine Roux, commandant du cercle de Bakel, et à la connaissance approfondie qu’il a des affaires de ce pays. Mais il y a encore beaucoup à faire pour arriver à y étouffer tous les germes de discorde qui sont le plus grand obstacle à son développement.
Comme dans tous les pays noirs, le sol, dans le Sandougou, appartient aux maîtres du pays. Les habitants ne sont, pour ainsi dire, que des usufruitiers. Il n’existe aucun impôt et l’autorité du chef du pays vis-à-vis des autres chefs de villages est bien peu de chose. Elle se borne uniquement à un rôle de juge et à commander les guerriers pendant la guerre. J’ai cru cependant remarquer que Guimmé-Mahmady, de même que Maka-Cissé, du reste, étaient plus obéis que les autres chefs de pays que nous avions vus jusqu’à ce jour. Tous les deux ont le bon esprit de ne pas imiter leurs voisins du Ouli et de ne pas pressurer les populations qui viennent leur demander l’hospitalité. Peulhs, Toucouleurs, Malinkés musulmans, Sarracolés, Ouolofs jouissent partout des mêmes libertés et tous se trouvent fort heureux de leur sort. Il se fait, du reste, du Bondou, du Fouta-Toro, du Saloum et du Fouladougou un véritable courant d’émigration qui permet de rendre ce pays encore plus prospère dans un avenir plus ou moins éloigné : chaque année, les cultures y augmentent d’une façon notable et nous ne doutons pas que s’il s’y établissait une ou plusieurs factoreries, le commerce, déjà assez important, ne ferait que croître et se développer dans une notable proportions.
Rapports avec les autorités Françaises. — Conclusions. — Le Sandougou tout entier est placé sous le protectorat de la France, depuis 1887, après les événements de Toubacouta et la mort du marabout Mahmadou-Lamine. Depuis cette époque, nous n’avons eu qu’à nous louer des rapports que nous avons eu tant avec l’un qu’avec l’autre des deux chefs, et les clauses du traité ont toujours été scrupuleusement exécutées. L’ordre n’a pas cessé de régner dans le pays, et le commerce a pu s’y faire librement et en toute sécurité. Au point de vue politique, administratif et judiciaire, le Sandougou relevait autrefois du commandant du cercle de Bakel et du commandant supérieur du Soudan Français. Actuellement, d’après les dernières dispositions prises par le gouvernement, il a été rattaché à la colonie du Sénégal et relève de son gouverneur.
En résumé, le Sandougou est un pays riche, du moins dans sa partie Sud, et qui tend à se développer. Nous ne saurions trop faire pour le favoriser. Aussi notre premier soin doit-il être de faire cesser au plus tôt les discussions qui existent entre Guimmé-Mahmady et Maka-Cissé. Malheureusement, le pays était trop éloigné de notre centre d’action pour que notre protectorat s’y fît sentir d’une façon efficace et profitable. Monsieur le gouverneur du Sénégal a remédié à cet état de choses en établissant dans ces régions un administrateur colonial dont la présence suffira pour y ramener la bonne entente et qui pourra régler sur les lieux les questions qui divisent les deux chefs. Quand ce résultat aura été obtenu, nous devrons faire tous nos efforts pour y créer un véritable courant commercial à notre profit et, pour y arriver, il suffira de protéger le plus possible le commerce déjà existant et d’en favoriser le développement.