Balangar. — Factorerie de la Compagnie française de l’Afrique occidentale.

Les revenus du gouvernement y sont peu importants. Il n’y a pas de douanes. Les droits d’entrée sont acquittés à Bathurst. Pas d’octroi non plus. Les amendes, les frais de justice, quelques taxes de nature municipale, pourrions-nous dire, constituent les recettes de l’île.

L’instruction y est donnée aux enfants par le ministre protestant, qui est en même temps chargé de l’école.

Mac-Carthy ne possède ni service postal, ni service télégraphique, bien qu’elle soit peu éloignée de Bathurst. Aussi les communications avec le chef-lieu sont-elles des plus rares et des plus difficiles, surtout pendant l’hivernage. Il faut avoir recours à la complaisance des maisons de commerce, et encore pendant la saison des pluies ne faut-il pas compter sur plus d’un bateau par mois. La métropole et la colonie ne font rien pour y favoriser le développement des relations commerciales. Tout est laissé à l’initiative privée. Il faut dire aussi que, sous ce rapport, les négociants jouissent de la plus grande latitude. Ce système, certes, peut avoir du bon. Les résultats semblent le prouver. Malgré cela, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître que le pouvoir central est bien avare pour Mac-Carthy.

Conclusions. — Notre but, dans ce chapitre, a été de faire connaître autant que possible Mac-Carthy. Nous nous sommes efforcé de l’étudier sous tous ses aspects et de faire ressortir son importance commerciale. Là encore, bien que nous nous trouvions en pays absolument étranger, nous avons été heureux de constater combien était puissant le commerce français. Nous y sommes au premier rang, et pourtant nous avions à lutter contre un terrible et puissant adversaire. Qu’on ne vienne donc pas nous dire que le commerce français est réduit à néant dans les pays d’outre-mer et que l’Anglais nous a partout supplantés et évincés ! Les chiffres que nous avons cités sont plus éloquents que tout ce que nous pourrions dire. Ils ne feront que croître, nous en sommes persuadé, et nous ne saurions mieux conclure qu’en formant le souhait que nos commerçants comprennent toute la grande importance qu’il y a, à l’heure présente, à ne pas laisser péricliter notre influence en Gambie.


CHAPITRE VIII

Kalonkadougou