L’eau de ces marigots, partout claire et limpide, coule en tout temps. Elle est toujours excessivement fraîche. Le fond de tous ces cours d’eau, sauf en ce qui concerne le Fania et le Tabali, est formé de vases ou d’argiles.
Le cours de la Gambie, du point frontière à l’Ouest à l’embouchure du Koulontou, n’est qu’une suite de méandres les plus sinueux. Si nous ne considérons que la direction générale, nous dirons qu’il est d’abord Ouest-Est, puis Nord-Ouest Sud-Est.
Le régime des eaux diffère légèrement de celui des cours d’eau des autres pays. Pour la Gambie, c’est la même chose ; mais il en est autrement pour les marigots. Au Sénégal notamment l’eau n’y court que pendant la saison des pluies. En Gambie, au contraire, ils ne sont jamais complètement à sec. Nous estimons que cela tient beaucoup à ce que la plupart communiquent entre eux et de plus font communiquer la Gambie avec la rivière Grey, dont l’eau coule en toute saison, et qui trouve dans le Fouladougou, le Damentan, le Coniaguié et le pays de Toumbin et de Pajady une alimentation suffisante pour ne tarir jamais.
Outre les nombreux marigots dont nous venons de parler, on trouve encore, dans le Kantora, bon nombre de mares dont quelques-unes contiennent de l’eau pendant toute l’année et sont alimentées par de petits marigots. Nous citerons parmi les plus importantes, les mares de Demba-Sansan, Palama, Nébourou et Soutou.
Orographie. — Au point de vue orographique, nous pouvons dire qu’il n’existe dans le Kantora aucun système bien défini. Nous mentionnerons simplement la série de collines qui longent la Gambie. Du reste, nous pouvons dire d’une façon générale que chaque marigot coule au pied d’une colline quand il n’est pas encaissé entre deux rangées parallèles. Ces collines peuvent, d’ailleurs, être considérées comme les contreforts des collines qui suivent le cours de la Gambie. Ainsi que nous l’avons dit, elles sont moins nombreuses dans la partie Est que dans la partie Ouest, et celles que l’on rencontre dans la première de ces deux régions sont bien moins importantes que celles que l’on rencontre dans la seconde. Cela est uniquement dû à la constitution géologique du sol.
Toutes ces collines sont fort peu élevées, et c’est tout au plus si les plus hautes atteignent 50 à 60 mètres. Leurs flancs présentent une pente assez raide. Aussi les pluies d’hivernage les ravinent-elles profondément, de telle sorte que la roche se montre nue en maints endroits. Malgré cela, elles sont toutes excessivement boisées.
Outre ces collines, mentionnons encore les vastes plateaux rocheux, peu élevés, que l’on rencontre à chaque instant sur les routes qui sillonnent le Kantora.
Constitution géologique du sol. — De ce que nous venons de dire de l’hydrologie et de l’orographie du Kantora, nous pouvons avoir un aperçu de ce que peut être sa constitution géologique.
D’une façon générale, on peut dire que la nature des terrains que l’on y rencontre est de deux sortes : terrain ardoisier et terrain de formation secondaire que sont venues recouvrir, en certains endroits, d’épaisses couches de latérite, et, en d’autres, des argiles compactes formées par la désagrégation des roches. En certains points, l’argile et la latérite se montrent à nu ; en d’autres, au contraire, elles sont recouvertes par une mince couche de sables formés de cristaux très fins de quartz et de silice, ou par de petits cailloux ferrugineux produits par la désagrégation des conglomérats que l’on rencontre fréquemment dans le Kantora. Quant à la distribution des différents terrains, elle est excessivement variée.
Les principales roches que l’on rencontre sont dans le terrain ardoisier, des schistes. Il faut aller assez profondément pour les rencontrer, huit à dix mètres environ. Dans les terrains de formation secondaire : des quartz, des roches ferrugineuses de toutes formes, conglomérats et roches proprement dites à ossatures de grès de quartz et à gangues argileuses.