Nous pouvons dire d’une façon générale que les argiles se rencontrent surtout dans la partie Est du Kantora. Là elles alternent avec les roches ferrugineuses. Il n’y a, dans toute cette région, à mentionner, en outre, que les quelques petits îlots de latérite qui se trouvent aux environs de Son-Counda. Les rives de la Gambie présentent, en outre, une mince couche d’alluvions récentes, de même que les rives des marigots. Dans toute cette région, l’humus fait absolument défaut.
Il n’en est pas ainsi pour la partie Ouest. Là nous trouvons des vallées entières uniquement formées de latérite. La vallée de Son-Counda entièrement constituée par ce terrain, est d’une étonnante fertilité. Les argiles ne se montrent guère qu’aux environs du fleuve.
Flore ; Productions du sol ; Cultures. — La flore est dans l’Est d’une pauvreté remarquable. Sur les plateaux et les collines quelques arbres chétifs et rabougris, dans les plaines des cypéracées gigantesques et des herbes de marais. Par contre, les bords des marigots sont couverts de belles légumineuses et présentent quelques rares Caïl-Cédrats. Dans la région Ouest, nous retrouvons la flore du Sud : fromagers énormes, baobabs, n’tabas, Légumineuses de toutes sortes, télis énormes, etc., etc. D’après ce que nous venons de dire, on peut en déduire quelles sont les plantes susceptibles d’être cultivées dans un semblable pays et quelles peuvent être les productions du sol. Dans les terrains pauvres, le mil, dans les autres, au contraire, l’arachide. Mentionnons encore l’indigo, le coton, le tabac, les haricots, les tomates, le maïs, etc., etc. Les procédés de culture employés sont les mêmes que dans les autres pays du Soudan. Il nous a semblé cependant que les lougans y étaient tenus avec plus de soins.
Faune. Animaux domestiques. — La faune ne diffère guère de celle des autres pays de cette partie de l’Afrique. Outre les antilopes de toutes variétés, les biches, singes (Cynocéphales), lynx, panthères, nous signalerons tout particulièrement l’hippopotame, qui abonde dans le fleuve et les marigots, et l’éléphant que l’on trouve en grand nombre dans la région Est. Toute cette partie du Kantora, d’ailleurs, est marquée de nombreuses traces de ces deux sortes d’animaux.
Les poissons que l’on trouve dans le fleuve et dans les marigots sont très appréciés des noirs, mais peu faits pour un palais civilisé.
Parmi les oiseaux, signalons la perdrix, la tourterelle, les pigeons sauvages, l’outarde et une grande variété de merles, passereaux et geais au brillant plumage. Citons encore, parmi les rapaces, le milan, le vautour, etc., etc., et enfin une énorme quantité de chauve-souris, surtout sur les bords des marigots.
Peu de serpents. On y rencontre parfois le serpent noir, le trigonocéphale, le serpent-corail et le boa, mais ce sont des faits assez rares.
Les caïmans abondent dans le fleuve et à l’embouchure des marigots, et partout, on voit une grande quantité de lézards de toutes sortes de couleurs.
Les moustiques y sont rares pendant la saison sèche, mais très nombreux pendant l’hivernage. Mentionnons aussi une grande variété de mouches, aux plus brillantes couleurs, et surtout les fourmis « Magnians », dont la piqûre est excessivement douloureuse.
Les animaux domestiques y sont les mêmes que dans les autres pays : Bœufs, moutons, chèvres, poulets, chiens, chats. Les bœufs y sont petits, mais leur chair est très bonne. Les moutons et les chèvres, quand ils sont jeunes, ne sont pas à dédaigner non plus.