Populations ; Ethnographie. — La population du Kantora, autrefois fort nombreuse, ne compte plus maintenant que mille à douze cents habitants au plus. Ce pays fut colonisé et peuplé par des Malinkés, venus les uns du Bambouck (ce furent les premiers), les autres, du Bondou, chassés par les Almamys de ce pays, et enfin les derniers du Ghabou, chassés par Alpha-Molo. Mais, en réalité, les maîtres et propriétaires du sol sont les Malinkés venus du Bambouck. A ce noyau de population, déjà fort important, vinrent dans la suite se joindre des Peulhs, des Sarracolés et quelques Ouolofs venus du Bondou. Aujourd’hui, cette population a complètement disparu et il ne reste plus que quelques Malinkés qui ont tenu bon malgré toutes les expéditions dirigées contre eux par Moussa-Molo ou venues du Bondou et de Labé. Ils se sont groupés autour des restes de la famille maîtresse du pays qui est aujourd’hui peu nombreuse et bien déchue.

Si l’on en croit la tradition, ces Malinkés, qui ne formaient que deux familles (les Sania et les Bandora), émigrèrent d’abord du Manding dans le Bambouck sous la direction de Fodé-Sania, un des lieutenants de Noïa-Moussa-Sisoko, le grand colonisateur du Bambouck. A la suite de démêlés avec ce dernier, ils émigrèrent de nouveau et vinrent se fixer dans le Kantora. Ils ne devaient plus quitter ce pays que chassés par la guerre sans merci que leur firent Alpha-Molo, son fils Moussa-Molo, les Almamys du Bondou et les chefs de Labé sans aucun motif et uniquement pour « faire captifs ». Beaucoup tombèrent sous les coups des envahisseurs. Peu émigrèrent dans le Ouli et le Tenda. Quant aux Peulhs, pour la plupart, ils se joignirent aux bandes de Moussa-Molo. Les Sarracolés et les quelques Ouolofs qui habitaient le Kantora subirent le sort des Malinkés. Il existe encore aux environs de Son-Counda un petit village Sarracolé de peu d’importance. Il se nomme Diara-Counda et n’a guère plus de 200 habitants. Voici la liste complète des différents villages qui peuplaient jadis le Kantora :

1o Villages Malinkés

Son-Counda, résidence du chef du pays. 800 habitants environ.

Farintombou,n’existe plus.Sadofou,n’existe plus.
Kantali-Counda,Niamanaré,
Coussounou,Koli-Counda,
Kantora-Counda,Tiumidala,

D’après les renseignements qui m’ont été donnés par le chef lui-même, ce serait dans les environs de Kantora-Counda que s’élevait autrefois la ville de Kantor, dont parle d’Almada. Sa population, abstraction faite de l’exagération des noirs, ne devait pas s’élever à plus de huit à dix mille habitants.

2o VillagesSarracolés
Manda,n’existe plus.Couia,n’existe plus.
Diaka,Diaé-Counda,
Simmoto,Samé,
Médina,Piraï,
Naoulé,Ouassoulou-Counda,

Diara-Counda existe encore. Sa population est d’environ deux cents habitants.

3o VillagesPeulhs.
Kébé-Counda,n’existe plusBantanto,n’existe plus
Boulonkou,Tiagandapa,
Oualiba-Counda,Demba-son-Counda,
Demba-Koli Counda,Boï-Counda,
Biliban,Toucoulé-Counda,
Dougoutoto,Velingara,
Kéniéba,Oura-Counda

Il n’y avait qu’un seul village Ouolof, N’Gaouli.