Le vène est utilisé dans nos ateliers pour la menuiserie et pour la construction de nos chalands. On s’en sert également avec avantage pour fabriquer des traverses de chemin de fer et pour la construction des charpentes de nos postes.
Le Kaki (Diospyros mespiliformis, Hochst.), Ébénacées, est un arbre de taille moyenne, de 6 à 15 pieds de hauteur. Il croît de préférence sur le sommet des collines et est assez rare dans tout le Soudan. C’est ce végétal que l’on désigne généralement sous le nom de faux ébénier. Feuilles oblongues ou elliptiques, arrondies à chaque extrémité, un peu coriaces. Fleurs dioïques, blanches, à cinq divisions, axillaires. Fleurs mâles, à calice campanulé, à cinq divisions ovales, soyeuses en dehors ; corolle urcéolée, dix à seize étamines. Fleurs femelles solitaires, six à huit staminodes ; ovaire ovoïde, à quatre et huit loges uniovulées. Fruit subglobuleux, glabre, accompagné par le calice accru. Le fruit est comestible.
Le bois du kaki est compact, excessivement serré. Lorsqu’il est poli, il est impossible d’y découvrir traces de fibres. C’est ce qui lui a fait donner le nom d’ébène. Il est loin d’être du noir parfait de ce dernier. Il est rare de rencontrer des échantillons sans défaut, et fréquemment il est veiné de blanc. Très cassant, surtout quand il est sec, les indigènes ne s’en servent guère qu’aux environs de nos postes. Ils en fabriquent des cannes, qu’ils vendent aux Européens. En certains cas, il pourrait remplacer l’ébène, dont il est loin toutefois d’avoir le brillant. Les Maures, avec les plus beaux échantillons de kaki, confectionnent des bracelets qu’ils incrustent d’argent et qui ne manquent pas d’une certaine originalité. Ils en font également de curieux manches de poignards.
Le Fromager (Bombax ceiba, L.), Bombacées, possède un bois qui ne peut guère être utilisé que pour les charpentes. Encore est-il particulièrement attaqué par les insectes. La variété Dondol donne un bois qui ressemble, à s’y méprendre, à celui du peuplier, dont il a, du reste, toutes les qualités, et je me souviens avoir entendu dire, en 1892, par mon excellent camarade M. le capitaine Huvenoit, de l’artillerie de marine, alors directeur des travaux du chemin de fer de Kayes à Bafoulabé, aujourd’hui décédé, victime de cet épouvantable climat du Soudan, qu’il en avait fait débiter des planches dont il avait tiré grande utilité.
Le Caïlcédrat (Khaya senegalensis, G. et Per.), Cédrélacées, est un des plus beaux arbres non seulement du bassin de la Gambie, où il est très commun, mais encore du Soudan tout entier. Il peut atteindre 30 à 35 mètres de hauteur et 1 mètre de diamètre. Feuilles alternes, paripennées, à folioles opposées, ovales, oblongues, entières. Fleurs blanches. Inflorescence en panicules terminales et axillaires. Calice à quatre divisions imbriquées. Quatre pétales étalés. Huit étamines. Ovaire à quatre loges multiovulées. Le fruit est une capsule ligneuse à quatre loges, septicide de haut en bas. Sa tige, droite, prend parfois de telles proportions qu’on y peut creuser des pirogues de toutes pièces. Je me souviens avoir franchi la Gambie à Sillacounda (Niocolo), dans une embarcation de ce genre qui n’avait pas moins de 4 mètres de longueur sur 0m50 de largeur et 0m35 de profondeur. Elle avait été creusée dans une seule bille de caïlcédrat, ce qui permet de supposer que l’arbre qui l’avait fournie devait être énorme.
L’écorce du caïlcédrat est large, cintrée, légèrement fendillée, rougeâtre et couverte d’un épiderme presque lisse et d’un gris blanchâtre. Sa cassure est grenue en dehors, puis un peu lamelleuse, et formée en dedans par une série simple de fibres ligneuses aplaties et agglutinées. Elle est dure, cassante, fort lourde, amère et légèrement odorante. Si on y pratique une incision intéressant toute son épaisseur, il s’écoule par la blessure un liquide rougeâtre qui se coagule à l’air libre en une petite masse résineuse de couleur brune très foncée. Si, enfin, on fait brûler des morceaux du bois, la fumée qu’ils donnent exhale une odeur douce et caractéristique. Aussi est-il impossible de s’en servir pour faire cuire les aliments grillés ou rôtis, car ils s’en imprègnent tellement qu’ils sont, de ce fait, absolument exécrables à manger. Les cendres que l’on obtient en faisant brûler le caïlcédrat à l’air libre renferment une grande quantité de nitrate de potasse et sont d’une blancheur immaculée. C’est, du reste, à la présence de ce sel, je crois, qu’il faut attribuer la propriété toute particulière que possède ce végétal de brûler rapidement, même lorsqu’il est vert. Je me souviens, étant à Koundou, avoir ainsi enflammé une planche de caïlcédrat rien qu’en y posant mon cigare allumé. En quelques minutes, 5 centimètres carrés se consumèrent de ce fait.
Le bois est rouge foncé, à teinte vineuse, droit, assez serré, mais gardant mal le poli, se conservant dans l’eau à cause de la résine qu’il contient, mais se fendant par dessiccation. Il ressemble à l’acajou, et c’est pourquoi on lui a donné le nom d’acajou du Sénégal. Il est dur et très cassant. Malgré cela, on en fait à Saint-Louis et au Soudan de beaux meubles. Il se laisse facilement travailler. Il pourrait, en France, servir utilement pour la charpente, la tabletterie et pour les travaux d’ébénisterie les plus délicats.
Les indigènes s’en servent pour la construction de leurs cases et de leurs pirogues, et pour la fabrication de certains ustensiles de ménage, tabourets, pilons et mortiers à couscouss.
Samboni ou Bois-guitare (Cytharexylum quadrangulare, Jacq.), Verbénacées. C’est un bel arbre de 5 à 15 mètres de hauteur. Feuilles elliptiques, oblongues. Fleurs en grappes allongées. Calice subsessile. Quatre étamines. Ce fruit est un drupe noir qui renferme deux noyaux. Son bois, à fibres bien parallèles, peut être utilisé pour la menuiserie fine et la confection des instruments de musique. C’est pourquoi on lui a donné le nom de Bois-guitare.
Les espèces dites Luteum et Villosum peuvent également être employées pour l’ébénisterie.