Les serpents y sont assez rares. Nous citerons particulièrement : le boa, le python, les couleuvres, le serpent-corail, le serpent-bananier et une variété de reptile venimeux, que l’on désigne à tort sous le nom de trigonocéphale.

Les insectes pullulent littéralement partout. Nous citerons plus particulièrement les moustiques et les maringouins, cette plaie des pays chauds, destinée sans doute à éprouver la patience des voyageurs. Les abeilles sont surtout communes dans le Tiali, le Diaka et le Niéri. Elles donnent un miel savoureux et abondant. Les indigènes de ces deux provinces sont des apiculteurs consommés, et tout autour des villages les arbres sont couverts de ruches. Les fourmis sont très nombreuses et il en existe un grand nombre d’espèces, parmi lesquelles nous citerons surtout la fourmi-rouge, la fourmi-cadavre, dont une seule suffit pour empester une case, et la fourmi-manian, dont la piqûre est horriblement douleureuse et suffit pour paralyser pendant quelques heures le membre qu’elle a blessé. Enfin, les termites se rencontrent partout et construisent en grand nombre leurs édifices aux formes aussi bizarres que variées.

Les animaux domestiques sont relativement nombreux, et ils le seraient bien plus encore si les indigènes veillaient avec plus de soin à la reproduction et à l’élevage.

Le cheval y est petit, mais très vigoureux. La race maure, qui vit et se développe bien dans le nord, périclite dans le sud. Là, c’est le cheval du Ouli et du Cayor qui offre le plus de résistance.

Les bœufs y sont élevés en quantité notable, surtout par les Peulhs et les Diakankés. Ils donnent une viande de boucherie un peu dure et peu abondante, mais le lait des vaches est parfait et très riche en matières grasses. Elles n’en donnent malheureusement que fort peu.

Les chèvres et les moutons sont également assez communs, mais leur chair est généralement peu savoureuse. Il en est de même de celle des poulets, qui est absolument coriace. Ces derniers sont très nombreux dans tous les villages.

Nous citerons enfin en terminant l’âne, qui y est petit, mais élégant de formes et très vigoureux. C’est, dans toute cette région, la bête de somme par excellence. Malheureusement, les indigènes ne se préoccupent pas assez de le multiplier. Il rend de grands services aux caravanes et pourrait faire l’objet d’un commerce important.

Climatologie. — Le climat du Bondou appartient à la classe des climats chauds par excellence. Comme dans toute cette partie de l’Afrique occidentale, il y existe deux saisons bien tranchées : la saison sèche et la saison des pluies ou hivernage.

La saison sèche commence, en général, vers la fin d’octobre ou au commencement de novembre. Elle dure jusqu’à la fin de juin. Mais cela n’est vrai que pour la partie nord du pays. Dans les régions méridionales, elle est beaucoup plus courte. Elle est caractérisée par une élévation considérable de la température, et il n’est pas rare de voir le thermomètre, pendant les mois d’avril et de mai surtout, marquer jusqu’à 46 et 47 degrés centigrades à l’ombre et jusque dans l’intérieur des cases. Le baromètre est toujours très haut et ne varie pas plus de un millimètre à un millimètre et demi. Les vents régnants sont alors ceux d’est-nord-est, qui arrivent surchauffés par les sables brûlants du Sahara, sur lesquels ils passent. L’atmosphère est alors absolument dépourvue d’humidité. En quelques jours, tout se dessèche rapidement, et la campagne prend ce caractère de solitude et d’aridité saharienne qui frappe et attriste quand, pour la première fois, on met le pied sur ce sol ingrat et désolé.

Pendant sept mois de l’année, il ne tombe pas une goutte d’eau, sauf toutefois dans les premiers jours de février, durant cette courte période que l’on est convenu de désigner sous le nom de petit hivernage. Les vents passent alors au sud et au sud-ouest, le ciel se couvre, le baromètre baisse, et généralement le matin, pendant six à sept jours au plus, tombe une pluie fine que la terre desséchée a bien vile absorbée. Mais le soleil ne tarde pas à se montrer à nouveau, et alors, jusqu’au mois de juin, rien ne vient plus altérer la sérénité de l’atmosphère. — Ces chaleurs torrides, mais sèches, sont relativement bien supportées par l’Européen et sa santé ne s’altère pas trop. Il subit bien quand même l’influence du climat, se débilite, s’anémie ; mais il est, à cette époque de l’année, bien moins exposé à ces terribles maladies qui sont l’apanage de ce pays meurtrier. Il n’a guère alors à craindre que les dysenteries, très fréquentes dans les mois de novembre, décembre et janvier, où le rayonnement nocturne est si prononcé et si rapide qu’en moins de deux heures la température s’abaisse parfois jusqu’à 8 degrés centigrades au-dessus de zéro. Il convient alors de ne pas coucher dehors et de se bien couvrir le ventre soit avec une couverture de laine, soit avec la classique ceinture rouge en flanelle.