La région sud qui est formée par le Tiali, le Diaka, le Nieri et une partie du Ferlo-Maodo est couverte de belles forêts qui alternent avec des plateaux absolument dénudés et stériles. Dans les parties relativement fertiles de cette région, la flore diffère sensiblement de celle des provinces plus septentrionales. Là, on commence à rencontrer les belles essences qui caractérisent la végétation des Rivières du sud. Le sol y est, dans les vallées des marigots, éminemment fertile et le Tiali et le Nieri notamment ont toujours été regardés par les almamys du Bondou comme leur véritable grenier d’abondance.

A l’ouest, nous retrouvons les plaines nues et arides qui sont particulières au Sénégal et au Soudan. C’est la steppe monotone et triste dans toute l’acception du mot, avec son sol argileux où croissent de maigres végétaux rabougris et rachitiques et une brousse épaisse dont les cypéracées et les graminées inférieures forment les principaux éléments.

Enfin, la région centrale tient à la fois de celles qui l’environnent ; à côté de vallées relativement riches, on trouve des plaines absolument stériles. Elle est faiblement arrosée. Pendant la saison sèche, ses marigots sont absolument taris, et pendant l’hivernage, ils sont transformés en véritables marécages absolument impropres à la culture. Le sol y est à peine vallonné et ses productions sont à peine suffisantes pour nourrir les populations qui l’habitent.

Hydrologie[1]. — Sous ce rapport le Bondou appartient à la fois au bassin de la Falémé et à celui de la Gambie. Une chaîne de collines peu élevées et dirigées du nord au sud depuis le village de Bordé jusqu’aux environs de Kippi dans le Tiali séparent les régions Bondounkées qu’arrosent les marigots tributaires de ces deux grands cours d’eau.

La Falémé coule dans le Bondou pendant environ 150 kilomètres. Pendant l’hivernage, elle y est navigable pour des vapeurs calant 1m 50 à 2 mètres. Mais, pendant la saison sèche, elle n’est praticable que pour des chalands à fond plat et des pirogues indigènes.

Cette rivière, dont certains explorateurs ont cru devoir faire des descriptions si séduisantes, ne mérite que médiocrement la réputation qu’on lui a faite. Elle suit le régime de tous les grands cours d’eau de l’Afrique occidentale. Pendant la saison des pluies, c’est une belle rivière dont la largeur atteint en maints endroits 200 et 300 mètres. Son courant est alors rapide et a une force qui parfois dépasse quatre nœuds. Sa navigation présente alors de sérieux dangers, car son lit est parsemé de bancs de sable et de rochers qui forment autant d’écueils difficiles à éviter pour ceux qui ne connaissent qu’imparfaitement son chenal.

Elle présente, au cours de la même année, des différences de niveau considérables. Là où, à l’époque de la crue, on trouvait des fonds de 8 à 10 mètres, on ne rencontre plus, à peine quelques semaines plus tard, qu’un mince filet d’eau.

Ses rives sont couvertes d’une riche végétation, mais elle s’étend à peine à 700 ou 800 mètres à l’intérieur des terres. Toutefois la rive occidentale nous a paru plus boisée que la rive opposée. Enfin, pendant la saison sèche, ses bords sont absolument à pic et cela s’explique aisément si l’on songe que son courant est pendant l’hivernage absolument torrentueux en certains endroits.

Si maintenant nous descendons le cours de la Falémé depuis le point où elle entre dans le Bondou jusqu’au moment où elle en sort, nous verrons que dans ce trajet, elle suit une direction générale sud-sud-est nord-nord-ouest.

Née des montagnes du Fouta-Djallon, sur le versant opposé à celui où le Sénégal prend sa source, elle arrose avant de pénétrer dans le Bondou le Sangala, le Gounianta, le Dentilia, le Sirimana et le désert de Tandaba sur sa rive gauche, le Fantofa, le Dialloungala, le Konkodougou-Sintedougou, le Diébédougou, le Kamanah, le Kilé, et le pays de Makhana, sur sa rive droite.