Mais Malick, effrayé et ne doutant pas qu’il serait vaincu, prit la fuite pendant la nuit. Les gardes des portes le poursuivirent, tuèrent une vingtaine de ses guerriers et firent 400 prisonniers. Le lendemain on entra dans le village, qui fut pillé et brûlé.
Le 28 août 1857, M. le lieutenant de vaisseau Brossard de Corbigny, de concert avec les troupes du Bondou et celles de Bougoul, chef de Farabanna, remonte la Falémé sur le Grand-Bassam, capitaine Marteville, et vient châtier le village de N’Dangan qui avait laissé passer les gens du Fouta allant au secours des assiégeants de Médine.
Le village de N’Dangan fut pillé et brûlé. On y fit 25 prisonniers. Le reste de la population s’enfuit à Djenné.
Deux heures après, le Grand-Bassam parut devant Sansandig en même temps que nos alliés. Des obus mirent le feu au village, et les défenseurs, découragés, prirent la fuite. On fit 64 prisonniers, on s’empara de 250 bœufs, et de beaucoup de chèvres. Le chef de Samba-Yaya, quatre fils du chef de Sansandig et le fils du chef de Djenné y furent tués.
Novembre 1857. Le Bondou tout entier se soumet à Boubakar-Saada, et il est proclamé almamy par tous les Sissibés qui y résidaient alors.
Boubakar-Saada (1857-1885).
Pendant ce temps El-Hadj, établi à Koundian, dont il venait de faire construire le fort tata, ravageait Konkodougou et les provinces voisines. Il soumit le Diébédougou et vint à Sékokoto (Bambouck), puis à Kakadian, sur les bords de la Falémé. De là il se rendit à Tomboura (Bondou).
En même temps, un de ses lieutenants, Mahmadou-Dialo, se présentait dans le Haut-Bondou et prêchait partout la guerre sainte, excitant le peuple à la révolte et annonçant que le règne des Sissibés était fini, qu’ils étaient aujourd’hui des infidèles. Il réussit ainsi à rallier autour de lui plus 10,000 fanatiques et s’empara de N’Dioum (Ferlo), qui le reçut dans ses murs.
Boubakar leva une armée de 2,000 hommes et vint assiéger cette ville. Il eut à traverser pendant 50 lieues un pays parsemé d’ennemis ; mais il comprit que reculer serait une trop grande faute, il se mit donc en marche. Mahmadou-Dialo, en apprenant la marche des Bondounkés, ne parut nullement s’en inquiéter ; il comptait beaucoup sur leurs ennemis pour tourner la fortune en sa faveur et il ne douta pas un seul instant de l’extermination des Sissibés.
Boubakar trouva l’ennemi campé au milieu des bois, tout autour de la ville. Les Bondounkés avaient à opérer sur un terrain accidenté, plein de monticules, derrière lesquels l’ennemi se retranchait. Il donna l’ordre de tourner la position. En un instant l’armée ennemie est entourée de cavaliers, battue et dispersée. Boubakar, enhardi par ce succès, résolut alors de donner l’assaut à la ville. Les Bondounkés s’élancèrent pleins de courage, mais devant une résistance désespérée, ils durent se replier et se contenter de faire le siège en règle.