Un peu en aval de Débou se trouve le rapide de Guétié. Il divise le fleuve en petits canaux. Aux basses eaux, on n’y trouve pas plus de un pied et demi à deux pieds d’eau. Le passage de Guétié est difficile à pratiquer. Les courants qui y atteignent une force de 5 ou 6 nœuds pendant les hautes eaux permettent fort difficilement d’y naviguer. Ces rapides n’ont pas moins de 500 mètres de longueur.

Quinze cents mètres plus loin se trouve le gros village de Sénoudébou qui fut longtemps la capitale du Bondou et résidence de l’almamy Boubakar-Saada. Ce village, d’origine peu ancienne, doit son importance au fort français qui y fut construit en 1845. Ce fort fut détruit pendant la guerre contre Mahmadou-Lamine par les bandes de ce faux prophète. Il n’en reste plus maintenant que l’enceinte dans laquelle sont construites les cases de plusieurs princes Sissibés et de leurs femmes. Nous en reparlerons plus longuement dans le cours de ce travail. Sénoudébou, depuis qu’il a été abandonné par l’almamy, n’est plus qu’un village de second ordre.

A l’époque des basses eaux, la Falémé peut être traversée à gué devant Sénoudébou, quelques centaines de mètres en aval du fort.

Entre Sénoudébou et Guita se trouvait autrefois le village de Kaynoura, près duquel devait se trouver le fort Saint-Pierre-de-Kaynoura construit en 1715 par ordre d’André Bruë, directeur de la compagnie de Galam.

Guita, situé à environ 5 kilomètres en aval de Sénoudébou sur la rive gauche, n’a plus que 60 habitants. On y voit les ruines d’un vaste tata, où résidait en 1843 le roi du Khasso Sambala et qui fut construit par l’almamy du Bondou pour son royal hôte.

A quelques kilomètres de Guita se trouvent les ruines de Naïé, dont le gué du même nom est fameux dans les fastes du Bondou.

Un peu en aval de Naïé se trouvent les ruines de Kidira-tata, puis celles de Kidira-Tioubalo (Kidira des pêcheurs). Ce fut à Kidira-tata que Raffenel trouva lors de son passage la princesse Sadioba, fille du roi de Médine et veuve de Duranthon, voyageur français qui mourut dans ce dernier village. On y voit encore son tombeau.

Le petit village de Selen ou Seleng se trouve à environ 5 kilomètres de Kidira-Tioubalo. Il n’a pas plus d’une centaine d’habitants et est dépourvu de tata. Il est formé de deux villages construits à environ 500 mètres l’un de l’autre.

Entre Selen et Dialiguel on ne trouve que des ruines fort rapprochées les unes des autres. Ce sont celles de Ouro-Amady, de Beligaoudou et de Belioude.

Dialiguel n’a plus aujourd’hui qu’une centaine d’habitants. Les Peulhs y sont en majorité et il est complètement construit en paille.