Il a laissé un fils, Ahmady-Ousman, âgé de cinq ans environ aujourd’hui.

Malick-Touré.

Malick-Touré, fils d’Ahmady-Saada et frère de Saada-Ahmady, l’almamy déposé par le colonel Gallieni, succéda à Ousman-Gassy et règne encore sur le Bondou. Jusqu’à ce jour, il s’est prudemment contenté de rester sous la tutelle des autorités françaises. Il semble avoir compris que le temps n’est plus aux pillages et aux exactions de toutes sortes. Il se déclare satisfait de l’impôt que lui payent ses sujets. De goûts modestes et peu aventureux, il vit tranquillement à Gabou, qu’il a choisi pour résidence. Aussi le Bondou commence-t-il à se repeupler. Il semble n’avoir qu’un désir, celui de voir augmenter sans cesse les cultures dans ce pays et se développer les transactions commerciales.

Historique de l’administration et du gouvernement du Bondou.

Avant la fondation des deux capitales qui ont donné chacune leur nom à une branche des Sissibés, la ville principale du Bondou était Dioumcoum, sur la rive droite de la Falémé.

Ce fut sous le règne d’Ahmady-Gaye, chef de la première branche, que fut construit le village de Koussan-Almamy pour protéger le Ferlo contre les attaques des Malinkés du Ouli et du Bambouck. Son fils Toumané-Mody vint y établir sa résidence, et dispersa ses courtisans et ses captifs dans les environs, afin de surveiller un peu les alentours.

Après la mort d’Ahmady-Gaye, le chef de la seconde branche régnante qui résidait à Dioumcoum, aujourd’hui Gatiari, vint élever un tata à Boulébané, qui était alors désert. Sur le rapport que lui fit un chasseur, qui trouva l’endroit très fertile et pourvu de gibier, il se décida à venir y habiter avec sa famille et ses captifs.

On donna au village le nom de Boulébané à cause d’un petit puits creusé probablement par des sangliers au pied d’un arbre appelé en poular Boulé. Puits, dans la même langue, se dit Bané. De là Boulébané.

Chacune des deux branches ayant alors sa ville principale, les Sissibés convinrent de diviser le Bondou en deux provinces, et chaque province en cantons. Une ligne partant de Famira à l’est, passant par Soumourdaka, Diamwéli, Bay-Bay, Andiari, Dioéré, Dioum, et aboutissant à Naoudé à l’ouest, formait la séparation. Tout ce qui se trouvait au nord de cette ligne appartenait à la province de Boulébané, et les régions qui s’étendaient au sud composaient le territoire de la province de Koussan-Almamy. Chacune de ces provinces fut divisée en cantons, et à mesure que la puissance territoriale du Bondou augmenta, les conquêtes formèrent de nouveaux cantons qui, suivant les régions, furent compris dans l’une ou l’autre province.

Ainsi, de nos jours, tel que le Bondou est constitué, il ne comprend pas moins de onze cantons, qui se répartissent de la façon suivante :