L’adultère est puni de mort ou de la perte des biens.

Ces lois sont très rigoureusement exercées et fournissent ainsi une partie des revenus de l’almamy, à qui reviennent de droit toutes les amendes.

Les enfants nés d’unions illégitimes sont traités en véritables parias, et le plus souvent bannis du village et du pays quand ils sont en âge de pourvoir eux-mêmes à leurs besoins. Les mères coupables peuvent dans la suite contracter union, mais elles ne sont pas en droit d’exiger de dot.

Les ordres de l’almamy sont strictement exécutés, sous peine d’une forte amende. Dans le cas où un village contreviendrait à ses instructions, il serait imposé d’une forte contribution dont le chef est responsable de sa personne et de ses biens.

Un captif pris en fuite appartient à l’almamy, auquel le propriétaire est tenu de payer une pièce de guinée pour rentrer en son bien.

Tout étranger mettant le pied sur le sol du Bondou doit se conformer aux lois et coutumes de ce pays, dont il serait passible dans le cas contraire. Ceci n’est plus applicable maintenant aux Européens, qui ne relèvent absolument que de la justice française.

Il serait trop long de faire ici une étude complète de la religion, des mœurs et des coutumes du Bondou. Cela nous conduirait, vu la diversité des peuplades qui l’habitent, à faire un traité complet d’ethnologie et de sociologie soudaniennes. Nous nous contenterons de dire que la religion qui y est pratiquée est l’islamisme mitigé de superstitions grossières. Les mœurs et les coutumes y sont celles des peuples musulmans de la côte occidentale d’Afrique ; enfin la famille et la société y sont constituées d’après les préceptes du Coran appliqués au génie particulier de chaque race. Dans un ouvrage prochain nous reviendrons plus longuement sur ces intéressantes questions.

Populations actuelles du Bondou. — Le Bondou est, relativement à son étendue, très peu peuplé. Il nous est absolument impossible de donner un chiffre quelconque, même approximatif, de ses habitants.

Cette dépopulation est due à deux causes principales : 1o les guerres perpétuelles auxquelles, depuis El Hadj-Oumar, il a été en proie ; 2o les exactions des Sissibés. Hâtons-nous, toutefois, de dire que depuis que nous avons pris en main la gestion des affaires bondoukées, il commence sensiblement à se repeupler. La chute de l’empire toucouleur d’Ahmadou y a puissamment contribué ; car beaucoup de familles qu’El Hadj-Oumar avait entraînées à sa suite à Nioro et à Ségou sont revenues dans leur mère-patrie. Enfin les habitants qui s’étaient réfugiés dans le Niani et le Niocolo pour échapper à la rapacité des almamys commencent à reconstruire leurs anciens villages, certains que, sous l’administration française, leurs biens seront respectés par leurs chefs naturels.

D’une façon générale, on peut dire qu’on trouve dans le Bondou des représentants de toutes les races du Soudan français. Toutefois, la race peulhe et les rameaux qui en dérivent y sont de beaucoup en majorité. Nous ne nous occupons, bien entendu, ici que des peuplades sédentaires, laissant de côté la population flottante. Sous cette réserve, on rencontre dans le Bondou des Fadoubés, des Malinkés, des Bambaras, des Ouolofs, des Sarracolés, des Diakankés, des Peulhs et des Toucouleurs.