10o Les Doumbouïa habitaient le village de Goubaïel, sur les bords du Niéri-Kô. Ils l’ont abandonné pendant la guerre du marabout Mahmadou-Lamine, et se sont réfugiés dans le Niani, le Sandougou et le Damentan.

En 1891, quelques-uns d’entre eux sont venus réoccuper Goubaïel, et j’ai appris que tous les avaient rejoints peu après.

Un des membres de cette famille, le nommé Fodé-Kaba-Doumbouïa, natif de Goubaïel, devint, vers 1857, chef d’une partie du N’Ghabou. Ses descendants sont définitivement restés dans ce pays.

Il existe encore dans le Bondou bien d’autres familles de Diakankés, mais elles sont peu importantes. Citons au hasard : les Bakaiokos, les Kamaras, les Diaounés, les Haïdia, etc., etc. Toutes sont plus ou moins mâtinées de sang mandingue ou sarracolé. Celle des Haïdia se prétend issue d’un chérif maure qui se serait uni à Diakaba avec une Diakanké. Mais cela n’est nullement prouvé.

Les Diakankés avaient toujours été, jusqu’à l’arrivée de Mahmadou-Lamine, dévoués, dociles et soumis aux almamys du Bondou. Aussi avaient-ils moins de charges à supporter que les autres peuples. Ils payaient bien la dîme des récoltes, comme les autres, mais ils étaient exemptés du service de la guerre. Ils étaient chargés de construire les tatas des Sissibés et de les entretenir.

Musulmans fanatiques, ils consacrent à l’étude de l’arabe et du Coran tout le temps que les travaux des champs leur laissent libre.

Comme ils ont partout dans le pays une grande réputation de ferveur et de sainteté, ils sont craints et vénérés à la fois par leurs voisins.

Avant d’entreprendre une expédition, les almamys du Bondou faisaient appeler les plus renommés d’entre eux pour adresser au ciel des prières afin que la victoire leur fût favorable.

Les Diakankés sont des cultivateurs et des éleveurs de premier ordre. Leurs lougans sont toujours très bien entretenus et leurs villages plus propres et mieux construits que ceux de leurs voisins. Jamais la famine ne vient les visiter, car ils ont toujours la prévoyance d’avoir d’abondantes réserves de mil, riz, maïs, arachides, fonio, etc., etc.

D’après ce que nous venons de dire de leur fanatisme religieux, on comprendra aisément qu’ils n’aient pas hésité à aller se ranger sous la bannière du marabout. Mais il faut dire aussi qu’ils furent des premiers à l’abandonner quand ils eurent acquis la certitude que ses promesses n’étaient que mensonges et qu’il ne rêvait que la satisfaction de sa propre ambition.