[7: Orais. fun. d'Anne de Gonzagues.]

[8: 7 mars 1832.]

[9: Régnait sur la moitié de Paris. Le savetier Chalandon était président du comité révolutionnaire de la section de l'Homme Armé, qu'il gouvernait en dictateur du fond de son échoppe. Malheur aux gens dont il avait eu à se plaindre, aux gens qui lui avaient retiré ou ne lui avaient pas donné leur pratique! Ses dénonciations étaient des arrêts de mort. La rue du Grand-Chantier, entre autres, fut presque dépeuplée par l'effet de son crédit. Son autorité n'était pas renfermée dans les limites de sa section. En connaissance de son zèle et de son discernement, les comités de gouvernement lui avaient attribué droit de surveillance sur toute la rive droite de la Seine. Il pouvait même, au besoin, opérer par-delà les ponts. Chalandon était de plus membre de la commune de Paris. Il échappa toutefois au décret qui le 10 thermidor fit si cruellement justice de cette commune complice de Robespierre. Occupé ailleurs, dans le même intérêt, plus heureusement pour lui que pour les autres, ce misérable ne se trouvait pas à l'Hôtel-de-Ville quand son héros vint y chercher un asile; et en conséquence il n'avait pas mis son nom sur la déclaration qu'avaient signée soixante et onze de ses collègues, et qui fut convertie en liste de proscription.]

[10: François Benoît HOFFMAN naquit à Nancy en 1760, sous le règne du bon roi Stanislas dans la garde duquel servait son père.

Ce prince aimait les lettres. Il comptait parmi ses courtisans ou plutôt parmi ses commensaux, Voltaire, le comte de Tressan, le marquis de Saint-Lambert, le chevalier de Boufflers. Mme de Boufflers, Mme du Chatelet, formaient sa société intime. Le goût qui dominait dans sa cour s'étendit naturellement dans la ville où il était stimulé et entretenu par l'établissement d'une académie; il dirigeait les études de la jeunesse lorraine. C'est sous cette influence qu'Hoffman fit les siennes. Il était déjà connu par d'ingénieuses poésies, quand il vint habiter Paris en 1785.

Réunissant en un volume ses pièces éparses dans différens journaux, Hoffman les publia sous le titre de Poésies diverses. Ce recueil fut distingué de ceux dont la France était alors inondée. «On y reconnaît souvent, dit Grimm, ce ton aimable, ce ton mêlé de philosophie, de finesse et de naïveté qui a fait remarquer les premiers essais de M. Hoffman, et particulièrement ses fables.»

Parmi ces pièces où l'épigramme s'allie presque toujours au madrigal, et la malice du vaudeville à l'ingénuité de la romance, citons un morceau pris au hasard; il prouvera que les éloges de Grimm n'étaient pas exagérés.

J'aime l'esprit, j'aime les qualités,
Les grands talens, les vertus, la science,
Et les plaisirs enfans de l'abondance;
J'aime l'honneur, j'aime les dignités;
J'aime un ami presque autant que moi-même,
J'aime une amante un siècle et par-delà;
Mais dites-moi, combien faut-il que j'aime
Ce maudit or qui donne tout cela?

On trouve dans les poésies d'Hoffman un grand nombre de pièces aussi piquantes que celle-ci. Elles portent toutes un véritable cachet d'originalité.

Hoffman cependant travaillait à fonder sa réputation sur des titres plus importans.