Les directeurs d'un journal auquel il travaillait, lui ayant envoyé un article virulent dirigé contre lui, et dont l'auteur réclamait l'insertion dans leur feuille, il le leur rendit avec cette apostille:
«Ai lu le présent article, et n'y ai rien trouvé qui m'ait paru devoir en empêcher l'impression.
«HOFFMAN.»
Ce que Hoffman abhorrait plus que tout, c'est la compagnie de Jésus, ou les Jésuites si on l'aime mieux. Il leur avait juré une guerre éternelle. Il est mort en la leur faisant. Il terminait un article contre eux lorsqu'il a été saisi par la crise dans laquelle il a succombé.
Au reste, il ne les redoutait pas moins qu'il ne les détestait. Trois ans avant sa mort, quand la restauration des enfans d'Ignace en France paraissait assurée, il songeait à leur céder la place et à aller chercher un refuge contre eux, soit en Belgique, soit en Toscane. On a trouvé dans son testament des preuves de cette appréhension. Il y demandait à n'être enterré qu'après avoir été ouvert, persuadé qu'il serait empoisonné par ces bons pères. Cela explique pourquoi, mort le 25 avril, il n'a été inhumé que le 28.
Ennemi de toute tyrannie, Hoffman n'aimait pas plus les exagérés de 1815 que ceux de 1795, et les jacobins à bonnet blanc que les ultrà à bonnet rouge. La monarchie constitutionnelle est le gouvernement qu'il préférait à tous les autres. Ce n'est pas la preuve la moins évidente qu'il ait donnée de l'excellence de son jugement.
A. V. A. (inédit.) ]
[11: Je demeurais rue Sainte-Avoie, et Talma rue Chantereine.]
[12: Quiconque voudra prononcer en connaissance de cause sur cet article doit lire l'ouvrage que M. le comte Roederer a publié l'année dernière (1832), et dans lequel sont exposés les faits qui ont précédé, préparé et accompagné la révolution du 10 août. Rien de plus propre que cette Chronique, où l'on n'avance rien qui ne soit appuyé de pièces authentiques, à dissiper les incertitudes qui pourraient subsister encore relativement à ce point d'histoire sur lequel les passions des divers partis ont jeté tant d'obscurité.]
[13: En 1645, le prince de Condé, celui qui cette année-là même avait conquis, ou devait conquérir à Rocroi son premier titre au surnom de Grand, surpris par l'ouragan sur le Rhône qu'il descendait avec le marquis de La Moussaie, lui adressa ce couplet sur l'air lon lan la derirette qui, à en juger d'après cela, n'est pas neuf: