Calsabigi mérite la place honorable qu'il occupe parmi les auteurs lyriques. Habilement coupés, ses drames sont écrits avec la mollesse que réclame le genre, sans manquer toutefois d'énergie quand la situation l'exige; son style est élégant et pur.
Nourri des modèles que nous ont laissés les anciens, et simple comme eux dans ses compositions, ce poëte reproduit souvent avec succès leurs traits les plus heureux. On reconnaît quelque chose d'Horace dans ces vers d'Elfrida.
Di furor per me s'accenda,
Arda il volto de' tiranni;
Alle pene ed agli affanni
Mi condanni il mondo il ciel:
Frema il mar, tremi la terra,
È tranquilla un' alma forte:
Non vacilla in faccia a morte
Core intrepido e fedel.
Ces stances par lesquelles Orphée déplore la mort d'Eurydice méritent aussi d'être citées.
I.
Chiamo il mio ben cosi
Quando si monstra il di
Quando s'asconde.
Ma oh vano il mio dolor!
L'idolo del mio cor
Non mi risponde.
II.
Cerco il mio ben cosi,
In queste ove mori
Funeste sponde.
Ma, sola al mio dolor
Perchè connobe amor
L'eco risponde.
III.
Piango il mio ben cosi
Se il sol indora il di
Se va nell' onde.
Pietoso al pianto mio
Va mormorando il rio
E mi risponde.