[26: Cette lettre dont j'ai perdu la copie ne peut se retrouver que dans les archives du ministère des relations extérieures, à qui le général en chef la renvoya, comme le constate la lettre suivante:
AU MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES.
Passeriano, le 27 fructidor an V.
Je vous envoie, citoyen ministre, une lettre que je reçois du citoyen Arnault. La cour de Naples est gouvernée par Acton. Acton a appris l'art de gouverner sous Léopold à Florence, et Léopold avait pour principe d'envoyer des espions dans toutes les maisons pour savoir ce qui s'y passait.
Je crois qu'une petite lettre de vous à Canclaux, pour l'engager à montrer un peu plus de dignité, et une plainte à Acton sur ce que les négocians français ne sont pas traités avec égard, ne feraient pas un mauvais effet.
BONAPARTE.
(Extrait de la correspondance de l'armée d'Italie.)]
[27: Ranieri Calsabigi, poëte dramatique, consacra, comme Apostolo-Zeno et comme Métastase, son talent à la scène lyrique. Il a composé, sous le titre d'azione teatrale, de dramma ou de tragedia per musica, six ouvrages pour le théâtre italien: Orfeo e Euridice, Alceste, Paride e Elena, le Danaidi, Elvira, Elfrida.
Ces diverses pièces ont servi de thème aux plus grands compositeurs du dix-huitième siècle, et plusieurs d'entre elles ont été adaptées au théâtre de notre opéra. Tels sont Orphée et Alceste, opéras composés d'abord sur des paroles italiennes par Gluck, qui a mis aussi en musique le Paride. La tragédie des Danaïdes, où Salieri se montre tour à tour rival de Gluck et de Sacchini, est calquée sur les Danaidi de Calsabigi.
L'Elvira et l'Elfrida avaient été faites pour Paësiello. Je ne connais que le dernier de ces deux opéras. J'ai entendu peu de musique aussi mélodieuse et aussi touchante que celle de l'Elfrida; et je n'en ai pas entendu de plus simple.