Quoique nous ayons joui paisiblement de nos droits depuis le Traité d'Utrecht, il s'est passé plusieurs années pendant lesquelles on n'a pas vû renaître l'ancienne ardeur pour le commerce de ces rudes climats. Le gout de la Pelleterie étoit déchû en Angleterre. Celui des nouvelles découvertes étoit encore moins ardent, & l'on étoit assez occupé du soin des anciennes Colonies. Celle de la Georgie a fait une nouvelle diversion du Côté méridional. Mais il faut espérer que ce qui commence à paroître utile sera poussé avec une chaleur proportionnée aux avantages qu'on s'y propose. D'ailleurs, puisqu'il n'y a que la force des obstacles qui ait refroidi l'espérance de trouver par le Nord-Ouest un passage à l'autre Hémisphere, il se trouvera peut-être quelqu'un qui joindra plus de bonheur à la hardiesse & qui réussira dans l'entreprise que tant d'autres ont manquée. Il est certain que M. Frobisher qui a tenté le premier ce grand dessein n'avoit point alors d'autre vûë. Il en avoit parlé pendant quinze ans à tous ses amis; il avoit sollicité tous les Marchands de Londres; enfin lorsqu'Ambroise Dudley Comte de Warwick lui fournit les moyens de l'executer, il partit de Londres sans aucun projet de commerce, & poussé par la seule espérance de trouver le passage qu'il vouloit chercher. Pourquoi ne se trouveroit-il personne aujourd'hui qui se sente le même courage, lorsque la moitié des difficultés est vaincue, & que s'il en reste encore de fort grandes, la vraisemblance du succès n'en subsiste pas moins toute entiere? Dans le dernier voyage de Frobisher, le Bridgewater, un des Vaisseaux de sa Flotte, qu'il avoit laissé en danger à son départ de la Baye de Warwick, fut contraint de prendre sa route du côté du Nord par un passage inconnu, très-dangereux & plein de rochers au-dessus de Bearbay, d'où il passa néanmoins fort heureusement dans la mer du Nord, cette Mer qui est derriere le Détroit de Frobisher, dans laquelle Frobisher, comme on l'a dit, & d'autres après lui ont navigué, & où l'on a découvert une grande terre qui s'avance dans la Mer. Le Bridgewater découvrit au Sud-Est de Frisland, à 57 dégrés & demi de latitude, une grande Isle inconnue auparavant. Cette Isle, dont il rasa la Côte pendant trois jours, lui parut fertile & agréable. Rien ne l'auroit empêché de pénetrer plus loin, si les vivres ne lui eussent manqué. Il n'avoit plus de glaces à combattre. On n'étoit qu'à la fin du mois d'Août. Le chagrin que le Capitaine & les Gens de l'équipage ressentirent de se voir forcés à retourner par les plus courtes voiës, leur fit tenter une descente dans l'Isle, pour y chercher de quoi ravitailler leur Vaisseau. Ils la trouverent sans Habitans, & sans autre créature vivante que des Oiseaux & des Serpens. Le courage des Matelots alla jusqu'à leur faire essaïer si les Serpens ne pouvoient pas leur servir de nourriture. Ils en tuerent quelques-uns, dont ils firent manger la chair à un chien qu'ils avoient à bord. Le chien s'en remplit d'autant plus avidement qu'on avoit pris soin de la faire cuire, pour lui ôter par le feu tout ce qu'elle pouvoit perdre de sa qualité venimeuse. Mais au bout d'un quart-d'heure il enfla prodigieusement, & peu de tems après il mourut dans des convulsions fort violentes.
Les gens du Bridgewater tuerent d'abord facilement une assez grande quantité d'Oiseaux. Ensuite ces animaux effarouchés par l'odeur & par le bruit de la poudre, se retirerent dans l'épaisseur des bois. Les arbres ressembloient à ceux de l'Europe & portoient des feuilles fort vertes. L'herbe étoit fort abondante dans les Prairies, & les montagnes couvertes d'une sorte de mousse. Il y avoit des restes de glaces, qui firent juger à nos Anglois que l'hyver y devoit être assez rude; mais ils jugerent aussi qu'il n'y pouvoit pas être fort long, puisque les feuilles y étoient d'une grandeur à faire croire qu'elles étoient ouvertes depuis long-tems, & d'une force qui leur persuada qu'elles étoient encore éloignées de leur chûte. Mais quoiqu'ils reconnussent divers arbres à fruit, tels que des Poiriers, & même des Noyers dont l'écorce & le bois sont plus tendres, ils n'y découvrirent ni noix ni poires, & le seul fruit qu'ils trouverent fut aux Chênes & à d'autres arbres où il n'est d'aucun usage. Quoiqu'ils eussent raison de croire que l'Isle n'étoit point habitée, puisque le côté qu'ils parcoururent, & qui leur parut le plus agréable, étoit désert, ils virent en differens endroits des arbres coupés & les vestiges de plusieurs pieds; ce qui leur fit croire qu'il devoit se trouver à peu d'éloignement quelque terre ou quelque autre Isle peuplée, dont les Habitans passoient quelquefois dans celle-ci. Enfin la nécessité força le Bridgewater de remettre à la voile.
Les Anglois ne sont pas les seuls qui ayent tenté de trouver un passage du côté du Nord. On trouve ce projet dans plusieurs Relations Françoises & Hollandoises. Non-seulement les Vaisseaux de ces deux Nations l'ont entrepris par la Mer, mais depuis que les François sont en possession du Canada, ils ont cherché le moyen de pénétrer au travers du Continent jusqu'à la Mer du Sud par la communication des Rivières. N'ôtons point au célebre M. Cavelier de la Salle le mérite qu'on a voulu lui donner de n'avoit entrepris tous ses voyages en Amérique, que pour y répandre la Religon Chrétienne. «Il résolut, dit l'Auteur d'une fort belle Relation, d'entrer dans ces terres jusqu'alors inconnues pour faire connoître aux Habitans malgré leur barbarie, la vérité du Christianisme & la puissance de notre grand Monarque. Plein de cette idée il vint à la Cour pour la communiquer au Roi qui ne se contenta point d'approuver son dessein, mais qui lui fit expédier des ordres avec tout ce qui étoit nécessaire pour les exécuter.» Celui qui commence ainsi sa Relation[I] étoit un Officier, homme d'esprit & d'honneur, qui accompagnoit M. de la Salle, & qui partit de France avec lui le 24 Juillet 1668 pour le suivre dans tous ses voyages.
Cependant un Missionnaire,[J] qui ne paroît pas moins honnête homme, & qui avoit comme, d'Officier le mérite d'être temoin oculaire, s'explique en ces termes: «J'ai demeuré près de trois ans en qualité de Missionnaire, avec le Sieur Robert Cavelier de la Salle, natif de Rouen, dans le Fort de Frontenac, dont il étoit Gouverneur & propriétaire. Pendant ce séjour nous nous occupions souvent à lire les voyages de Jean Ponce de Léon, de Pamphile Narvaez, de Cristophe Colomb, de Ferdinand Soto, & de plusieurs autres, pour nous préparer aux découvertes que nous avions dessein de faire. M. de la Salle étoit capable des plus grandes entreprises, & mérite avec justice la qualité de célebre Voyageur. En effet il s'est épuisé pour achever la plus grande, la plus importante, & la plus traversée découverte qui ait été faite de notre siécle. Il a conservé son monde dans des Païs où tous ces grands Voyageurs ont péri, à la réserve de Christophe Colomb, sans avoir remporté aucun avantage de leur entreprise, quoiqu'ils y ayent employé plus de deux cent mille hommes. Jamais personne, avant M. de la Salle & moi, ne s'est engagé dans un tel dessein avec si peu de monde. Notre première pensée, lorsque nous étions au Fort de Frontenac, avoit été de trouver, s'il étoit possible, le passage qu'on cherche depuis longtems à là Mer du Sud, sans passer la ligne Equinoctiale. Quoique le fleuve de Mississipi n'y conduise pas, cependant M. de la Salle avoit tant de lumiéres & de courage qu'on esperoit de le trouver par ses soins. Je ne doute pas qu'il n'eût réussi dans son dessein si Dieu lui eût conservé la vie. Mais il fut massacré dans cette recherche; & il semble que Dieu ait permis que je survêcusse au Sr de la Salle afin que je fournisse au Public le moyen de trouver le chemin de la Chine & du Japon par le moyen de ma découverte».
Mais je n'ai fait cette remarque que pour relever les affectations des Voyageurs, car il importe peu quel étoit le principal motif & la première pensée de M. de la Salle, lorsqu'il paroît constant qu'il y joignoit du moins la vûë & l'espérance de découvrir un passage au Sud. Il est plus difficile de pénétrer ce que le Pere Hennepin a voulu dire, lorsqu'il se vante d'avoir fourni au Public par sa découverte le moyen de trouver le chemin de la Chine & du Japon. S'il n'entend par sa découverte que celle du grand fleuve Mississipi, sur lequel il s'attribue la gloire d'avoir navigué le premier, on sent combien il est demeuré loin de son projet, puisqu'il reste de là une immense partie du Continent à traverser. Et l'on ne peut croire qu'il ait supposé autre chose, puisqu'après avoir rapporté dans la même Relation les circonstances tragiques de la mort de M. de la Salle, il ajoute; «Nos découvertes nous ayant fait connoître la plus grande partie de l'Amérique Septentrionnale, je ne doute point que si l'on nous y renvoyoit pour achever ce que nous avons si heureusement commencé, on ne développât enfin ce qu'on n'a pû éclaircir jusqu'à présent, quelque tentative qu'on ait faite pour cela. Il a été impossible jusqu'ici d'aller au Japon par la Mer glaciale. On a tâché plusieurs fois d'en faire le voyage, mais on n'a pû y réussir, & je suis moralement assuré qu'on n'en pourra jamais venir à bout, qu'au préalable on n'ait découvert le Continent tout entier des terres qui sont entre la Mer glaciale & le nouveau Méxique.»
Il ne parle donc de sa découverte que comme d'un premier dégré qu'il a cru nécessaire pour aller plus loin, dans la supposition que l'entreprise soit en effet possible, mais qui n'a rien ajoûté jusqu'à present à la certitude de la possibilité. Dans un autre lieu, il dit, «que le Pays des Illinois est le centre des découvertes qui peuvent conduire à la connoissance d'un passage au Sud, & qu'il faut que les Princes qui travailleront à cette entreprise s'assurent de ce vaste Continent par des Forts & par des Colonies, qu'ils établiront de lieux en lieux.» Des indications si vagues sont-elles dignes d'un homme à qui l'on ne peut refuser l'honneur d'avoir fait des voyages fort utiles dans le Continent de l'Amérique.
La difficulté se réduit donc toujours, ou à trouver le passage par les Détroits des Mers glaciales, ou à découvrir, dans le Continent, des Rivières dont la communication puisse conduire jusqu'aux rivages du Sud. On a publié à Londres, depuis quelques années, un Voyage de quelques Anglois de la Virginie, qui prétendent avoir traversé tout le Continent au travers des Terres. Quand le succès de cette entreprise seroit bien vérifié, leur Relation ne serviroit qu'à satisfaire la curiosité des Lecteurs, & l'on ne voit point qu'on en puisse tirer d'autre fruit. Il est question de trouver une voie qui soit propre au Commerce, sans quoi il sert peu de nous apprendre qu'à force de marches & de fatigues on peut traverser le Continent. Cependant il est agréable de voir confirmer par le récit de nos Anglois ce que le Pere Hennepin, & d'autres Voyageurs nous racontent de la beauté des campagnes, de la fertilité des terres, & de la multitude des Nations différentes qu'on trouve au milieu du Continent. Ce ne sont point des Pays déserts & sans culture, tels que les François & les Anglois ont trouvé ceux où ils ont planté leurs premières Colonies. Des fruits & des grains de toute espece y enrichissent les campagnes. Plusieurs Peuples y sont policés, jusqu'à se vêtir d'étoffes très-fines. Ils ont l'usage des chevaux avec des selles. Leurs Villes sont bien bâties & réguliérement fortifiées. Enfin la nouvelle France, la Virginie & la Caroline semblent n'être, suivant ces Relations, que des limites stériles & désertes d'une immense étendue de Pays auquel toutes les faveurs de la nature ont été prodiguées; à peu près comme la Moscovie & la Tattarie à l'égard de toutes les autres Parties de l'Europe. Je ne citerai point la Relation de nos Anglois, parce qu'elle n'a point de caractère qui puisse forcer de la recevoir comme un Histoire véritable; mais celle du Pere Hennepin, je parle de la troisiéme, étant l'ouvrage d'un Missionnaire, ne peut être regardée comme une fable, lorsqu'il prend toutes sortes de précautions pour en garantir la vérité. Voici quelques-unes de ses remarques.
«Après avoir cotoyé la plus grande partie du Lac des Illinois, nous vinmes aborder le 1 de Novembre de l'année 1679, à l'embouchure de la Rivière des Miamis, qui se décharge dans ce Lac. Ce Pays, situé entre le 35 & le 40 degré de latitude, confine d'un côté à celui des Iroquois, & de l'autre à celui des Illinois, à l'Orient de la Virginie & de la Floride. Il est très-abondant en toutes choses, en poissons, en bétail, & en toutes sortes de grains & de fruits.... Nous partîmes de cette Contrée au commencement de Décembre. Il fallut conduire notre Équipage & nos Canots par des traîneaux. Après quatre jours de marche nous nous trouvames sur un des bords de la même Rivière, qui nous parut très-navigable. Nous nous y embarquames au nombre de quarante personnes. Nous la descendîmes à petites journées, tant pour nous donner le tems de reconnoître les Habitans & les terres, que pour nous fournir de gibier. Il est vrai que tout ce Pays est aussi charmant à la vûe qu'utile à la vie. Ce ne sont que vergers, bois, prairies; tout y est rempli de fruits: en un mot, on y voit une agréable confusion de tout ce que la nature a de plus délicieux pour la subsistance des hommes, & pour la nourriture des animaux. Cette varieté si agréable, qui entretenoit notre curiosité, nous faisoit aller fort lentement.»
Dans un autre endroit: Plus avant ils trouverent une belle Rivière, plus grande & plus profonde que la Seine. Elle étoit bordée des plus beaux arbres du monde, comme si on les y avoit plantés exprès, & l'on y voyoit des prairies d'un côté & des bois de l'autre. On la passa avec des Canaux, & on l'appella la Maligne. En passant ainsi au travers de ces beaux Pays, de ces campagnes & de ces prairies charmantes, bordées de vignes, de vergers, d'arbres fruitiers, & entr'autres de meurriers... «Après quelques jours de marche, on entra dans des Contrées encore plus agréables & beaucoup plus délicieuses, où nous trouvames une Nation nombreuse, qui nous reçut avec toutes sortes de témoignages d'amitié. Les femmes mêmes alloient embrasser les hommes qui étoient de notre Troupe. Elles les firent asseoir sur des nattes très-bien travaillées...» Beaucoup plus loin le Missionnaire rapporte qu'on trouva des peuples qui n'ont rien de barbare que le nom. Un de ces Sauvages, qui fut le premier qu'on rencontra, revenoit de la chasse avec sa famille. Il fit présent au Chef des François d'un de ses chevaux, & de quelque viande, le priant par signes d'aller chez lui avec tous ses gens. Enfin pour les engager mieux il leur laissa volontairement sa femme, sa famille & sa chasse, comme pour leur servir de gages, & cependant il se rendit au Village, pour faire sçavoir leur arrivée. Au bout de deux jours, il revint avec des chevaux chargés de provisions, & plusieurs Chefs des Sauvages qui l'accompagnoient. Ils étoient suivis de guerriers habillés fort proprement de peaux passées & ornées de plumes. On les recontra à trois lieues de l'habitation. Les François y furent reçus comme en triomphe, & furent logés chez le Grand Capitaine. C'étoit un concours surprenant de peuple, dont la jeunesse étoit rangée sous les armes. Elle se releva jour & nuit pour les garder, les comblant de biens & de toutes sortes de vivres. Ce Village, qu'on appelle les Cenis, est un des plus considérables de toute l'Amérique, par sa grandeur & par le nombre de ses habitans. Il a bien vingt lieues de long au moins. Ce n'est pas qu'il soit contigument habité; les maisons sont distribuées par dix ou douze, qui font comme des cantons, & qui ont chacun des noms differens. Elles sont belles, longues de 40 ou 50 pieds, dressées en manière de ruches à miel, & environnées d'arbres, qui se rejoignent en haut par les branches. Nous trouvames chez ces Cenis plusieurs choses qui viennent indubitablement des Espagnols, comme des piastres,& d'autres monnoyes, des cuilleres d'argent, de la dentelle de toutes sortes, des habits, &c. Nous y vîmes entr'autres une Bulle du Pape, qui exempte du jeûne les Espagnols du Mexique pendant l'Été. Les chevaux y sont si communs qu'on en donnoit un à nos gens pour une hache. Un Cenis voulut donner un cheval pour le capuchon d'un Pere Récollet de la Troupe; parce qu'il en avoit envie.
Voici la Relation que l'Auteur fait d'une autre Nation plus éloignée, qu'il nomme les Tancas: «Je fus député avec deux guides, pour leur apprendre notre arrivée. Comme leur premier Village est au-delà d'un Lac qui a huit lieues de tour, à demi-lieue du bord, nous nous mîmes dans un Canot. Dès que nous fumes sur le rivage, je fus surpris de la grandeur du Village & de la disposition des cabanes. Elles sont disposées à divers rangs & en droite ligne autour d'une grande place. Nous en remarquames d'abord deux plus belles que les autres: L'une étoit la demeure du Chef, & l'autre le Temple. Les murailles en étoient hautes de dix pieds, & épaisses de deux. Le comble, en forme de dôme, étoit couvert d'une natte de diverses couleurs. Devant la Maison du Chef étoient une douzaine d'hommes armés de piques. Lorsque nous nous presentames, un Vieillard s'adressant à moi me prit par la main, & me conduisit dans un vestibule, & delà dans une grande salle en quarré, pavée & tapissée de tous côtés d'une très belle natte. Au fond de cette salle, en face d'entrée, étoit un beau lit, entouré de rideaux, d'une étoffe fine, faite & tissue d'écorce de meurriers. Nous vîmes sur ce lit comme sur un trône, le Chef de ce Peuple, au milieu de quatre belles femmes, environné de plus de soixante Vieillards armés de leurs arcs & de leurs fléches. Ils étoient tous couverts de cappes blanches & fort déliées. Celle du Chef étoit ornée de certaines houpes d'une toison différemment colorée. Celles des autres étoient toutes unies. Le Chef portoit sur sa tête une thiare d'un tissu de jonc très-industrieusement travaillé, & relevé par un bouquet de plumes differentes. Tous ceux qui y étoient avoient la tête nue. Les femmes étoient parées de vestes de pareille étoffe, & portoient sur leurs têtes de petits chapeaux de jonc, garnis de diverses plumes. Elles avoient des bracelets tissus de poil, & plusieurs autres bijoux qui relevoient leur ajustement. Elles n'étoient pas tout-à-fait noires, mais bises, le visage un peu plat, les yeux noirs, brillans, bien fendus, la taille fine & dégagée, & toutes me parurent d'un air riant & fort enjoüé.