Fig. 145.—Plan au niveau de l’église haute (A), du cloître (L), et du dortoir (K).

A. Église haute.—A’. Chœur.—A’’. Transsept nord et sud.—Vestiges découverts en 1875 sous le dallage de la grande plate-forme: B. B. B. Les trois premières travées de la nef romane (détruites en 1776); C. et C’. Tour en avant du portail roman (Robert de Torigni); C’’. Porche entre les deux tours (Robert de Torigni); D. Tombeaux de Robert de Torigni et de D. Martin de Furmendeio (?); E. Ancien parvis; F. Emplacement de la salle dite de Souvré (salle du chapitre; ancien dortoir).—G. Anciens bâtiments abbatiaux (Dortoir, fin du onzième siècle).—G’. Sacristie actuelle (ancien dortoir).—H. Plate-forme de Saut-Gaultier (entrée latérale sud de l’église).—I. Ruines de l’hôtellerie (Robert de Torigni).—J. Infirmeries.—K. Dortoir (les divisions ont été faites par les directeurs de la prison).—K’. Tour des Corbins.—L. Cloître.—L’. Chartrier.—L’’. Entrée de la salle du chapitre (projeté et commencé au treizième siècle).—M. Bibliothèque (partie des anciens bâtiments abbatiaux, treizième siècle).—N. Logis abbatial.—O. Logements de l’abbaye.—P. Cour de la Merveille.—P’. Terrasse de l’abside.—Q. Cour de l’église et escalier montant au Saut-Gaultier.—R. Cuisines (actuelles) des religieux.

II
(XIᵉ ET XIIᵉ SIÈCLES)

i l’on en croit les traditions, l’église qui couronne le rocher aurait été élevée sur les ruines de l’oratoire érigé par saint Aubert au huitième siècle et de l’église construite au dixième siècle par Richard, petit-fils de Rollon. Il ne subsiste aucun vestige des édifices du huitième et du dixième siècle; mais il existe encore, de l’église romane fondée en 1020, par le duc de Normandie Richard II, les transsepts et la plus grande partie de la nef.

Cette église fut commencée en 1020 par Hildebert II, quatrième abbé du Mont, de 1017 à 1023, que Richard II chargea du détail des travaux. C’est à Hildebert II qu’il faut attribuer les vastes substructions de l’église romane qui, principalement du côté occidental, ont des proportions gigantesques.

Cette partie du Mont-Saint-Michel est des plus intéressantes à étudier; elle démontre la grandeur et la hardiesse de l’architecte Hildebert. Au lieu de saper la crête de la montagne et surtout pour ne rien enlever à la majesté du piédestal, il forma un vaste plateau, dont le centre affleurant l’extrémité du rocher, et les côtés reposant sur des murs et des piles, reliés par des voûtes, forment un soubassement d’une solidité parfaite.

Cette immense construction est admirable de tous points: d’abord par la grandeur de la conception et ensuite par les efforts qu’il a fallu faire pour la réaliser au milieu d’obstacles de toute nature résultant de la situation même, de la difficulté d’approvisionnement des matériaux et des moyens restreints pour les mettre en œuvre.

La figure 146 (coupe transversale du Mont-Saint-Michel), montre les constructions romanes entourées des bâtiments qui se sont successivement groupés autour d’elles à différentes époques.