Le portail ancien était précédé d’un parvis, établi sur les substructions romanes soutenues par de puissants contreforts.

Les travaux de restauration, entrepris depuis 1873 par les soins de la Commission des Monuments historiques, ont nécessité, en 1875, des fouilles sous le dallage de la grande plate-forme de l’ouest, lesquelles ont fait découvrir les fondations des trois premières travées. Le plan, fig. 148, constate ces découvertes, qui prouvent incontestablement que la nef ancienne comprenait sept travées. Ce plan, fig. 148, indique également: les constructions faites en avant du portail ancien, par Robert de Torigni; le tombeau de cet abbé et celui de son successeur dom Martin.—Les fondations des trois travées détruites, ainsi que les bases des tours de Robert, sont actuellement recouvertes par le nouveau dallage de la grande plate-forme.

Le vaisseau antérieur est formé de trois parties, c’est-à-dire d’une grande nef et de deux collatéraux, relativement étroits. Ainsi que la plupart des églises construites au commencement du onzième siècle, et

Fig. 148.—Plan de l’église.—Nef actuelle.—Découvertes faites en 1875.

A. Chœur (reconstruit au quinzième siècle).—B. Transsepts (constructions romanes, onzième siècle).—C. Nef (constructions romanes, onzième siècle).—D. Fondations des trois travées détruites (constructions romanes, onzième siècle).—E. Fondations des tours et du porche, construits par Robert de Torigni (douzième siècle).—F. Tombeau de Robert de Torigni (douzième siècle).—F’. Détails du tombeau de Robert de Torigni (douzième siècle).—G. Tombeau de dom Martin de Furmendeio (douzième siècle).—H. Tombeaux vides (onzième siècle).—I. Vestiges du dallage du parvis ancien (douzième siècle).—J. Ruines de la salle dite de Souvré (ancien dortoir).—J’. Vestiges du dallage de la salle de Souvré.—K. Plate-forme dite du Saut-Gaultier.—L. Cloître (treizième siècle).—Ruines des escaliers descendant au charnier des religieux (onzième siècle).—N. Façade (reconstruite en 1780).—O. Anciens bâtiments abbatiaux (fin du onzième siècle).

notamment en Normandie, la nef centrale était couverte par une charpente apparente. Les bas-côtés seuls sont voûtés par des arcs-doubleaux, latéraux et transversaux, dont les intervalles sont remplis par des voûtes d’arêtes. Les détails de la construction sont du reste indiqués par les coupes (fig. [149] et [150]).

La couverture en charpente apparente de la grande nef a été détruite par les nombreux incendies qui ont causé tant de dommages à l’abbaye, et ses derniers vestiges ont dû disparaître pendant l’embrasement de 1834; cependant les détails de la structure de la partie supérieure de la nef, où aboutissent les colonnes dont on retrouve encore les tronçons calcinés sous la voûte moderne, permettraient, sinon de donner exactement la forme primitive de cette couverture, tout au moins de la reconstruire selon les données archéologiques ([fig. 149]).

Les fouilles qui furent pratiquées en 1875 sous la grande plate-forme et à l’entrée actuelle de la nef, ont fait découvrir dans le bas-côté nord (en M du plan, fig. 148) les passages et les ruines de l’escalier descendant de la nef au charnier, ou cimetière des religieux. Un passage et un escalier plus larges existent également au sud, longeant la chapelle Saint-Étienne. Les communications entre l’église haute et les souterrains ont été interceptées par la construction de la façade actuelle de la nef, réduite à quatre travées. Il serait possible de les rétablir si la restauration générale de l’abbaye était entreprise, ce qu’il est permis d’espérer.