Les figures 52 et 55, coupes transversales de ces deux parties, montrent leur position par rapport à l’église et suivant la déclivité du rocher; elles montrent également les détails de la structure des salles superposées.
La figure 55 est la coupe transversale faite sur une des travées du bâtiment vers l’est, qui se compose: de l’aumônerie; du réfectoire, au fond duquel est la vaste cheminée à double foyer dont on voit les souches au-dessus du comble; du dortoir supposé restauré et recouvert de sa charpente apparente en berceau.
La figure 52 donne la coupe transversale du bâtiment vers l’ouest, qui est formé du cellier, de la salle des Chevaliers et du cloître au-dessus, couronné par le pignon ouest du dortoir.
Les divers étages de la Merveille doivent être l’objet d’une description particulière que nous croyons utile de faire dans l’ordre où ils ont été bâtis.
L’aumônerie à l’est et le cellier à l’ouest, formant l’étage inférieur, sont les premiers ouvrages de Jourdain, commencés par lui vers 1203 ou 1204, suivant un plan savamment conçu, ainsi que le prouve la construction de ces deux salles basses, prévoyant par la disposition des piles inférieures, la superposition, sur ces piles, des colonnes supportant les voûtes des deux salles hautes; le réfectoire à l’est et la salle des Chevaliers à l’ouest.
III
AUMONERIE
’aumônerie, ou salle des Aumônes, est composée de deux nefs. Les voûtes d’arêtes, de forme ogivale, reposent sur une épine de fortes colonnes dont la base et le chapiteau sont carrés. Elle est éclairée par huit fenêtres étroites à voussures profondes, percées entre les contreforts, deux à l’est et six au nord, divisées par un linteau dans la hauteur, largement évasées à l’intérieur de la salle et munies d’un banc en pierre dans l’ébrasement.
La porte s’ouvre au sud sur une petite cour; sous le porche qui la précède se trouve l’entrée de l’escalier renfermé dans la tour, dite des Corbins, qui cantonne l’angle sud-est de la Merveille. Cet escalier aboutit au dortoir et au chéneau du comble vers le sud, après avoir donné accès, à mi-hauteur, au crénelage de la courtine du châtelet.
Pendant le cours des études faites en 1872 pour la Commission des Monuments historiques, nous avons découvert, près de la porte d’entrée du sud, les débris d’un fourneau, et, au milieu des débris d’argile calcinée, quelques morceaux d’une coulée de métal blanc couvert d’oxyde vert, indiquant un alliage où le cuivre existe en assez grande quantité. Ce sont peut-être les restes d’un métal préparé pour la fabrication de cloches ou des monnaies obsidionales, que les abbés du Mont furent autorisés à émettre, sous le règne de Charles VII, pendant les guerres des Anglais.