157 Le Gascon puni.
UNe jeune Veuve belle & riche, ètoit aimée par un jeune Gascon, pauvre & presomptueux. Ce Gascon vouloit qu’on crut qu’il ètoit fort bien avec cette Dame, & divulguoit beaucoup plus de faveurs qu’il n’en recevoit. La Dame qui ètoit d’une humeur enjoüée & plaisante, resolut de l’en punir d’une maniere nouvelle: Je sai, lui dit elle, que vous avez de l’Affection pour moy, & je suis persuadée que vous voudrez bien m’en donner des Marques dans une Occasion qui se presente; le Gascon lui temoigna étre prêt à tout faire pour son Service; vous connoissez, ajoûta la veuve, une telle Dame de mes amies, qui a un Mari jaloux & fort incommode, & qui ne lui permet pas de coucher hors de chez lui, cependant il est nécessaire, pour des Raisons particulieres, qu’elle couche ce soir chez moy, & ce que je desire de vous est que vous ailliez vous coucher en sa place, afin que son Mari, qui ne reviendra que tard, vous trouvant dans son lit croye que c’est sa Femme; & comme il se leve de meilleur matin qu’elle pour aller à ses Affaires, il ne s’appercevra de rien, car quoy qu’il soit fort jaloux de sa Femme, il n’a pas accoutumé de troubler son repos durant la nuit. Le Gascon aprés avoir consenti à tout ce qu’elle voulut, se laissa mener chez l’Amie de sa Maitresse; on lui mit une coiffure de nuit telle que les Femmes en portent, & il se mit ensuite dans le lit du Mari jaloux qui ètoit absent, & que la jeune Veuve savoit bien ne devoir pas revenir ce soir là: les deux Amies laisserent le Gascon seul dans ce lit, & quelque tems aprés la jeune Veuve entra en Robbe de Chambre, & sans lumiere, & alla se coucher auprés de lui. Le Gascon qui la prenoit pour le Mari jaloux, ètoit en une peine extreme; il tenoit fort peu de place, & tournant le dos à la jeune Veuve, il s’ètoit mis le plus prés qu’il avoit pû de l’autre bord du lit. Il passa de cette sorte une nuit la plus in quiete qu’il eût jamais euë, apprehendant toûjours quelques Caresses à contre tems du Mari jaloux, mais sa peine fut encore plus grande, lorsque le jour comçant à paroitre, la jeune Veuve prit une sonnette au bruit de laquelle il entendit qu’il entroit quelqu’un dans la Chambre; il se couvrit la tête avec la Couverture, & auroit voulu s’abimer dans le lit, tant il avoit peur d’être connu. Ce fut l’Amie de la Veuve qui entra & qui ouvrit les rideaux du lit, d’où la veuve sortit aussitôt parée de toutes ses beautez naturelles, qui penserent faire mourir le Gascon de regret, de depit, & de honte d’avoir fait un si mauvais usage d’une si belle nuit.
FINIS.
BOOKS printed for Thomas Newborough and John Nicholson.
THe Compleat French-Master, for Ladies and Gentlemen. Containing, I. A New Methodical French Grammar. II. A Large and Copious Vocabulary. III. Familiar Phrases, with the Niceties of the French Tongue. IV. Familiar Dialogues. V. Dialogues of Wit and Humour, upon Love, and other Subjects. The Six last done out of Spanish. By Mr. Savage. For the use of His Highness, the Duke of Glocester. By Mr. Boyer, Author of the Royal Dictionary. The Second Edition, Corrected and much Enlarged.
The History of the Buccaneers of America: From their first Original down to this Time. Written in several Languages, and now Collected into one Volume. The Whole newly Translated into English, and Illustrated with Twenty five Copper Plates. Octavo.
A new Survey of the West-Indies, being a Journal of Three thousand and three hundred Miles within the Main Land of America. By Tho. Gage, the only Protestant that was ever known to have Travell’d those Parts. The Fourth Edition enlarg’d by the Author. With an Accurate Map. Octavo.
The History of Portugal; from the first Ages of the World to the late Revolution, under King John the Fourth, in the Year 1640. Written in Spanish by Emanuel de Faria y’ Souso, Knight of the Order of Christ. Translated and continued down to this Year, by Capt. John Stevens. Octavo.
There is in the Press, and will be speedily Published,