Je m’étonnai de ce débarquement d’un mari qui, selon Maurice, ne passait jamais l’eau ; mais je gardai mes sentiments pour moi. Maurice, moins discret, se récria, d’une humeur à faire croire que cette venue le traversait dans une entreprise.
— Je vois lord Ventnor si rarement que je suis ravie chaque fois qu’il vient, dit la marquise avec un grand sérieux, qui me fit penser qu’elle se moquait de nous. C’est un homme bien agréable, et très intéressant… très intéressant pour vous, ajouta-t-elle en me regardant, avec un air de révoquer en doute la curiosité de M. de Courpière, qui me gêna.
Comme nous étions devant son hôtel, nous fîmes halte. Elle nous pria à dîner pour le même soir, et ajouta qu’il faudrait inventer quelque chose pour occuper la soirée, que lord Ventnor ne passait qu’une semaine à Paris et n’entendait point perdre son temps. Puis elle nous donna des poignées de main à l’anglaise et rentra : nous eûmes l’occasion d’admirer une fois de plus sa jolie tournure.
— Elle est tout à fait désirable et convenable, dit Maurice.
« Convenable » me parut impayable.
Il reprit :
— Qu’est-ce que tu vas inventer, pour amuser le vieux ?
— Ah ! dis-je, tu me prends pour Bacciochi.
— Bacciochi ? Qu’est-ce que c’est ça, Bacciochi ?
— C’est lui qui était chargé des menus plaisirs sous Napoléon III.