Les généraux et les hauts fonctionnaires portent également des colliers de perles. Les chefs indiens sont portés en palanquin; ils sont vêtus d'un pagne; ils tiennent à la main un objet appelé čatra—c'est un parasol en plumes de paons; ils le tiennent à la main et se préservent ainsi du soleil. Ils sont entourés [quand ils sortent], de leurs serviteurs.

Il y a, dans l'Inde, une caste dont les membres ne mangent jamais deux dans le même plat ni à la même table; ils trouveraient que c'est une souillure (p. 146) et une abomination. Lorsque ces sectaires se rendent à Sîrâf et que l'un des principaux marchands les invite à prendre un repas chez lui, auquel assistent 100 personnes, plus ou moins, il faut que l'amphitryon fasse mettre devant chacun de ces sectaires un plat dans lequel il mange et qui lui est exclusivement réservé. Quant aux rois et aux notables, dans l'Inde, on prépare pour eux, chaque jour, des tables à manger en feuilles de cocotier excellemment tressées; on confectionne avec ces mêmes feuilles de cocotier des sortes de plats et d'assiettes. Lorsque le repas est servi, on mange les mets dans ces plats et assiettes en feuilles tressées. Lorsque le repas est terminé, on jette à l'eau ces tables, plats et assiettes en feuilles tressées avec ce qui reste d'aliments. Et on recommence le lendemain.

On importait autrefois, dans l'Inde, des dînâr du Sind (p. 147) dont chacun valait un peu plus de 3 dînâr [ordinaires]. On importait également des émeraudes qui venaient d'Égypte, montées sur des cachets et enfermées dans des écrins. On y importait encore du bussad, c'est-à-dire du corail, et une pierre appelée dahnaj (pierre verte assez semblable à l'émeraude); mais [ces importations ont maintenant] cessé.

La plupart des rois de l'Inde, lorsqu'ils donnent audience publique, laissent voir leurs femmes aux gens du pays et aux étrangers; aucun voile n'empêche de les voir.


Voilà ce que j'ai entendu raconter de plus notable, en ce moment même (vers 916), parmi les nombreux récits ayant trait aux choses de la mer. Je me suis abstenu de reproduire les histoires mensongères que racontent les marins et auxquelles ils ne croient pas eux-mêmes. Se borner aux informations authentiques, même si elles sont en petit nombre, est préférable.

(P. 148.) C'est Allah qui nous dirige dans la voie droite.

Louange à Allah, le Maître des mondes! Qu'Il bénisse les meilleures de ses créatures, Muḥammad et toute la famille du Prophète! Il nous suffit. O le bon Protecteur et qui aide efficacement!

Collationné avec le manuscrit dont on a pris copie, au mois de ṣafar de l'année 596 de l'hégire (= novembre 1199 de notre ère).