Susanne. Vrayement ouy.
Fanchon. Et comment fait-il donc pour pouvoir remuer si à propos en le faisant entrer petit à petit?
Susanne. Tiens, voilà, comme il fait, regarde comme je remue, et tandis qu’elle le voit ainsi remuer, elle l’embrasse, elle le baise à la bouche, elle le touche à l’estomach, tantost aux fesses et aux cuisses, l’appelant son cœur et son âme, et sent cependant son vit qui luy entre dans le con avec la plus grande douceur qu’on se puisse imaginer.
Fanchon. Vrayement, ma cousine, il me semble que je voudrois bien esprouver cela de la façon que vous dites; je pense pour moy que j’y aurois bien du plaisir, et les filles, certes, doivent bien estre obligées aux garçons qui leur font de telles choses. Mais n’y ont-ils pas aussi du plaisir [(19)], eux qui se donnent tant de peine pour en faire aux autres?
Susanne. Comment penses-tu donc? vrayement ouy, et ils le leur témoignent assez. Quand ils pasment d’aise sur elles en leur faisant, on ne leur entend rien dire autre chose sinon:—Hé! mon cœur, hé! m’amour, je me meurs; et fais, je n’en puis plus, fais vite,—et le plaisir de la fille est bien plus grand, quand elle voit que celuy qui luy fait est bien aise, que s’il n’estoit pas; car si le garçon donne du plaisir à la fille, il faut bien que la fille en donne aussi au garçon.
Fanchon. C’est ce qui est bien raisonnable, ma cousine, et cela estant, je pense que les filles sont bien longtemps à se tenir les garçons dessus; car si c’estoit à moy, je ne laisserois jamais sortir cest engin qui fait tant de bien dans le mien.
Susanne. O! que cela n’est pas comme tu penses.
Fanchon. Et comment donc?
Susanne. Parce que l’on finit de faire après quelque temps, après on recommence.
Fanchon. Mais je croiois que cela duroit tousjours, sans finir, et tant que l’on vouloit, et qu’il ne falloit que mettre cet engin là dedans.