[(37)] Susanne. Volontiers pour cela. Tu dois savoir que le plaisir de mettre le vit au con est accompagné de cent caresses et assaisonnements en amour qui le font trouver meilleur. Une fois entre autres, mon amy m’en fit esprouver en une nuict la plus grande partie; je ne le vis jamais tant en humeur qu’il estoit ceste nuit-là.
Fanchon. Mais quand il vous approche, comment vous dit-il, comment vous fait-il?
[(38)] Susanne. Voicy à peu près la façon qu’il est accoustumé d’en user. Premièrement, il me vient voir la nuict, quand tout le monde est couché, par un petit escalier desrobé, et me trouve le plus souvent au lict, que je suis couchée et quelquefois endormie. Lors, sans perdre de temps, il se déshabille et met la chandelle allumée au chevet du lict, et cela fait, il se couche tout de son long à costé de moy. Quand il a esté un peu de temps à se réchauffer, il s’avise et commence à me dire: Dormez-vous, m’amie?—et allongeant une main sur mon estomach:—Je suis si fatigué d’aujourdhuy que je ne me saurois remuer. Et tout disant cela il me conte sa douleur, et me met la main sur le sein, et en me maniant les tétons à gogo, me conte tout ce qu’il a fait le long de la journée. Cependant il manie toujours mes mamelles, et quand il a fait à l’une il vient à l’autre et puis à toutes deux, et me dit quelquefois:—Que je suis heureux, m’amie, d’avoir un tel ordinaire. Lors je le sens qui se tourne sur le côté et qu’il prend la fantaisie, et je lui dis quelquefois:—Mon cœur, mon amy, je dormirois bien, laisse-moy. Et lui, sans faire semblant de m’entendre, me met la main sur le ventre, et quand il trouve la chemise, il la lève et m’appuye la main sur la motte qu’il pince et frise quelque temps avec les doigts. Après, il met sa bouche sur la mienne et me coule la langue dedans, et puis il vient me toucher les fesses et les cuisses, et de là il retourne au ventre, et tantost me succe une des mamelles. Et pour se donner au cœur joye, parce qu’il est bien ayse de voir, il esloigne le drap et la couverture, et quand ma chemise l’empesche il me la fait oster et me regarde partout avec la chandelle. Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur luy, tantost dessus, tantost dessous, et me fait toucher son engin, ores entre les cuisses, ores entre les fesses, et de là revient à me baiser la bouche et les yeux, m’appelant son cœur et son âme. Ensuite de cela, il me monte dessus, et en me faisant entrer son gros vit bandé au con, il me chevauche jusqu’à ce que son foutre me coule au fond de la matrice.
Fanchon. Comment dites-vous l’autre mot que chevaucher? il ne m’en souvient plus.
Susanne. C’est à dire qu’il me fout.
Fanchon. Vous en estes donc bien ayse?
[(39)] Susanne. Je te laisse à penser! Or, il y a diverses manières de mettre cest engin-là dans l’autre, ainsi que je l’ay esprouvé avec luy, car tantost il me fait dessoubs, tantost dessus, tantost de costé, tantost de travers, tantost à genoux par devant, et par derrière comme si je prenois un lavement, tantost debout, tantost assise. Quelquefois, quand il est pressé, il me jette sur une forme, sur une chaise, sur un matelas ou au premier endroit qu’il rencontre. Et à toutes les sortes de façons il y a un plaisir différent, car son chose entre plus ou moins et est disposé autrement dans le mien selon les postures qu’il me fait tenir. La peine n’est pas aussi toujours mal plaisante à cela, et c’est ce qui nous donne plus d’envie à faire. Quelquefois que nous nous voyons de jour et que nous sommes seuls, il me fait baisser la tête sur une forme avec les mains, et me retrousse ma robe par derrière jusques par dessus ma tête. En cest estat, il a tout loisir de voir et considérer, et de peur que nous ne soyons surpris, il n’abaisse point son haut de chausse, mais tire son engin par la braguette, qu’il me vient montrer, et puis va escouter tout doucement à la porte s’il n’y a personne, et cela fait, il me fait signe du doigt que je ne bouge et puis il s’en vient à moy et m’enconne brusquement par dessoubs les fesses. Eh bien! il m’a juré cent fois qu’il avoit plus de plaisir de me le faire ainsi à la desrobbée qu’autrement.
Fanchon. Certes, il faut qu’il y ait bien du plaisir, ma cousine, puis qu’il y a tant de façons, car je m’imagine desjà bien toutes celles que vous me venez de dire, et puisque c’est seulement chercher à mettre un vit dans un con en diverses manières pour le plaisir que l’on y trouve, il me semble que j’en aurois bien tost imaginé d’autres que celles que vous avez dites, puisqu’il n’y a personne qui n’en puisse imaginer de nouvelles en la fantaisie. Mais il n’est pas question à ceste heure de cela. Je voudrois seulement sçavoir comment vous passastes ceste nuict avec votre amy, dans laquelle vous eustes avec luy tant de sortes de plaisirs.
Susanne. Ah! ce fut hier que m’arriva ceste bonne fortune, et tu vas entendre mille folastreries d’amour et qui ne se pratiquent qu’entre les personnes qui s’aiment beaucoup. Tu as donc à sçavoir qu’il y avoit deux nuicts que mon amy n’estoit venu pour me voir, et je m’impatientois qu’une partie de la troisième fust desjà escoulée sans en avoir des nouvelles, lorsque je le vis entrer dans la chambre, avec une petite lanterne sourde qu’il a tousjours coutume de porter pour s’éclairer, et qu’il tenoit soubs son manteau [(40)] quelques douceurs et confitures, pour nous mettre en bonne bouche.
Fanchon. Il ne faut pas demander si vous fustes bien ayse alors.