Susanne. Or il se deschargea premièrement de son paquet, et me trouvant en cotte, que je n’estois pas encore couchée, il la troussa incontinent, et sans parler, me renversa là sur le lict, me le fit là sur le champ et me fit taster son gros nerf, qui estoit extrêmement dur, et, en moins de six coups de cul, je me vis arrouzée largement de la liqueur amoureuse.

Fanchon. Mais on n’est donc jamais plus ayse que quand ceste liqueur vient à sortir, et on ne prend jamais tant de peine pour se remuer qu’afin de la mettre dehors?

Susanne. Non certes. Et quand il eut fait [(41)], je me mets aussi tost au list, pendant qu’il se deshabilloit, là où je n’avois pas si tost commencé à fermer les yeux (car il faut que tu sçaches encore qu’il n’y a rien qui fasse si bien dormir que cela), quand je le sentis à mon costé qui m’embrassoit amoureusement et me mettoit le vit à la main. Je perdis aussitôt l’envie de dormir.

Fanchon. Mais combien est donc cet engin [(42)] de temps à se redresser depuis qu’il est abattu, et combien le met-on bien dedans le con en une seule nuict?

Susanne. Foin, si tu m’interromps toujours. C’est selon les personnes qu’il y a, vois-tu, et comme ils sont plus esmeus à certains temps qu’à d’autres; car quelquefois il y a des hommes qui feront deux coups sans desconner, et cela fait grand bien à la fille; d’autres feront leur descharge sept ou huict coups, dix ou douze; mais cela n’est pas croyable, et cinq ou six coups raisonnables suffisent pour la contenter. Il y en a qui ne peuvent faire que deux ou trois coups, et sont prompts ou longs à descharger. Il faut remarquer que ceux qui en font le moins rendent plus de liqueur que les autres et donnent et reçoivent plus de plaisir, mais quoy qu’il puisse en estre vray des uns et des autres, la fille trouve toujours en si peu qu’il y en a matière d’une très grande satisfaction. La beauté de la fille contribue aussi beaucoup à cela et fait faire un coup ou deux davantage, mais il y a la coustume qui gaste tout et lasse le garçon quand il faut faire cela tous les jours, et alors ce n’est pas mal aller que de le faire tous les soirs une fois et une autre tous les matins. Voilà ce que je t’avois à dire là dessus. Quand tu m’as interrompue, je ne sçai où j’en étois.

Fanchon. C’est alors qu’il vous prit endormie et qu’il vous mit son engin roide en la main.

[(43)] Susanne. Ah! il m’en souvient à ceste heure. Je ne l’eus pas plustost senty roide comme il estoit, que je ne songeai plus à m’endormir, mais respondant à ses caresses, m’appelant son cœur et son âme, nous roulasmes longtemps l’un sur l’autre, entrelassez de bras et de jambes, et nous démarames tant que nostre couverture en cheut à bas; néanmoins, comme il ne faisoit pas froid, nous ne songeames pas à la ramasser, mais nous eschauffant de plus en plus, il me fit oster ma chemise en ostant la sienne, et fit cent bonds sur le lict en me monstrant son vit qui estoit roide. Puis m’ayant demandé permission de folastrer en tous lieux et liberté, il répandit et sema par terre cent boutons de roses, et me les fit aller ramasser toute nue, au beau milieu de la place, me tournant d’un costé et d’autre, et considérant à la lueur du feu et de la chandelle qui estoit en divers endroits de la chambre les diverses postures que je faisois en me baissant et me haussant après. Il me frotta avec une essence de jasmin par tout le corps, et luy s’en frotta pareillement; et nous estant remis sur le lict, nous fismes vingt culbutes pour nous esgayer. En suite de quoy, me tenant agenouillée devant luy, il me consideroit partout, les yeux ravis en extase. Il exaltoit tantost mon ventre, puis mes cuisses, puis mes tétons, et tantost l’enflure de ma motte qu’il trouvoit ferme et rondelette, y portant quelquefois la main, et je ne dis point que toutes ces petites fantaisies ne me plaisent infiniment. Et puis me tournant par derrière, il contemploit tantost mes épaules, puis mes deux fesses, et puis me faisant baisser les mains sur le lict, il montoit à cheval sur mon dos et me faisoit aller; et quand il eut ainsi demeuré quelques temps, il descendit de son cheval, non pas de costé, mais à reculons (car il ne craignoit pas, disoit-il, que je luy ruasse des coups de pied), et ainsi tout d’un temps, en descendant son membre par entre mes deux fesses, il me le fichoit dans mon con. Au commencement, je me voulois lever et faisois la rétive, mais luy me prioit, me conjuroit, se désesperoit, si bien que j’en avois pitié; je me remettois, et luy prenoit son plaisir à me le fourrer dedans et le retirer tout d’un coup, se délectant à le voir entrer et sortir, et [(44)] cela faisoit un bruict, cousine, comme les boulangers qui enfoncent leur poing dedans la paste et le retirent soudain, ou comme les petits enfants qui retirent leur baston de leur canonnière où ils ont desjà mis un tampon de papier.

Fanchon. Quel dévergondage, ô Dieu! de part et d’autre. Et aviez-vous du plaisir à cela aussi, vous?

Susanne. Pourquoy non? Quand on s’aime bien, ce sont de petites coyonneries qui plaisent toujours et qui ne laissent pas de chatouiller un peu, et cela fait passer autant de temps agréablement, outre que l’on le trouve meilleur par après.

Fanchon. O bien donc, poursuivez, si vous le trouvez bon.