Susanne. Or c’est icy qu’il faut bien prendre garde.

Fanchon. Je sentis cela roide contre la motte, et je cognus qu’il le vouloit mettre dedans. Il m’ouvrit premièrement les deux babines avec les deux mains, et poussa deux ou trois coups assez fort et m’eslargit beaucoup, mais il ne put entrer davantage, parcequ’il me fit mal, et fut obligé de s’arrester un peu, à la prière que je luy en fis. Et s’estant un peu mieux rajusté que devant, il me fit plus ouvrir les cuisses et poussa son affaire un peu plus avant, mais je le forçay encore de s’arrester. Il me disoit bien que je prinsse patience, que ce n’estoit qu’un petit mal, et que quand cela auroit une fois trouvé passage, il n’auroit plus de peine à entrer par après; que cela luy faisoit bien mal aussi comme à moy, mais qu’il se contraignoit pour l’amour de moy. Je me contraignis donc aussi pour l’amour de luy, et il en fit entrer deux ou trois doigts à bonne mesure, sans luy résister, et me tenant ainsi enconnée, il me conjuroit assez de souffrir le reste. Voyant que je ne voulois pas, il voulut essaier une autre posture. Il se lève donc et me renverse sur le lict et [(9)] se couche sur moy, mais je le sentis trop pesant. Il soulève mes deux cuisses sur ses deux bras, et ainsi me soulageoit un peu, se tenant debout contre les bords du lict, car il n’appuyoit pas tant, mais je trouvay toujours une telle rudesse à me sentir ouvrir par son gros engin, que je ne le pus souffrir. Dans ceste inquietude, il se retira tout de dedit, et moy je me vis tout entr’ouverte au bas du ventre.

Susanne. Quel plaisir, cousine, et que n’ay-je un tel vit! De bon cœur, je ne m’en plaindrois point.

Fanchon. Patience donc, je ne m’en plaignis pas tousjours aussi [(10)]. Pour conclusion, il revient et me baise, il manie mon con, il met le doigt dedans pour veoir ce qu’il a opéré, et ne sçachant plus que faire, se met à se promener par la chambre, jurant, maugréant, tandis que je m’estois recouverte.

Suzanne. Le pauvre enfant, il avoit donc bien de la peine?

Fanchon. A la fin, il manie piteusement son affaire devant moy, et il advise un pot de pomade qui estoit sur la cheminée; il le prend aussitost et dit:—Bon, voylà qui nous servira bien. A mesme temps, il en mit dans sa main et en frotta le manche haut et bas, pour le rendre plus coulant.

Susanne. Il ne faut que cracher dessus et frotter avec la main.

Fanchon. Enfin, il s’advisa de cela et ne songea peut-être pas à l’autre. Il me fit aussitôt mettre en posture dans une chaise et se mit à genoux devant moy, et la pomade le fit entrer plus avant; après quoy, voyant qu’il ne pouvoit encore rien faire, il me fit lever et mettre [(11)] à quatre pattes sur le lict, et s’estant derechef frotté de pomade, il m’attaqua par derrière.

Susanne. Que de façons pour un dépucelage! Vrayement mon amy n’en employa pas tant pour moy, il eut fait en moins de rien et si je ne me plaignis pas tant.

Fanchon. Quoy que c’en soit, l’affaire se passa comme je vous le dis. Ma robe estoit donc troussée sur le dos, et me faisant roidir l’échine, je luy présentay assez beau. Ce nouveau visage l’esmeut si fort qu’il ne m’escouta plus; il poussa et m’entr’ouvrit avec plus de facilité que devant, et fit tant à la fin, se remuant de cul et de teste, qu’il força la barricade.