Susanne. Dieu soit loué du tout, ma cousine; je suis ravie de te voir eschappée de tous ces petits accidents, venons au reste.

Fanchon. Je ne me plaignis pas tant alors que j’avois fait, et je sentis quelque plaisir, voyant son membre logé si à l’estroit dans moy. D’autre part, il estoit tout glorieux de l’effort qu’il avoit fait, et n’ayant plus de difficulté à vaincre, il m’appeloit son cœur et s’amie, et me dit qu’il m’alloit faire bien ayse; je sentis pour cela l’opération naturelle du corps, et son membre allant et venant, avec le plaisir qu’il avoit, me causa la démangeaison.

Susanne. Bon.

Fanchon. Il me demanda si j’estois bien ayse; je luy dis qu’ouy; il me dit qu’il l’estoit pareillement. Alors, me serrant de plus en plus fort, me tenant embrassée sur les hanches, se tenant appuyé sur ma croupe, il me touchoit quelquefois d’une main les mamelles et de l’autre les fesses ou la mothe.

Susanne. C’estoit pour luy donner courage.

[(12)] Fanchon. Mon plaisir mourant à mesure qu’il remuoit, et ne me pouvant plus tenir sur les mains pour l’ayse que j’avois, les bras me faillirent et je tombay le nez sur le lict.

Susanne. Tu ne te cassas point le nez contre la plume?

Fanchon. Non, attendez. Il me dit:—Prends garde, sans s’arrêter, et à la fin il fondit d’ayse sur moy, en disant:—Mon cœur, je fous!

Susanne. Et comment te trouvas-tu alors avec luy? Ne fis-tu pas aussi?

[(13)] Fanchon. Belle demande! et quel moyen de s’empescher quand cela vient? Je perdis toute connaissance et fus ravie en pasmoison. Il n’y a point de sucre ny de confitures qui soyent si doux à la bouche que cela est au con; le chatouillement se rendit universel par tous mes membres et fus comme esvanouie.