Ay. Eao. Oy. Ye. Uy.

comme ay, en aydant, eao, en beao, veao, oy en moins, ye en hyer, fier, uy en bruyt, & ainsi des autres es quelz les deux voyelles sont prononcées. Et pourtant abusent ceux qui cuydent que de ceste assemblée de voyelles, il s'en face une confusion de son d'une seule autre que celuy de celles qui la forment: comme font les Grecz d'aujourd'huy, quant ilz prononcent Aineas, Eneas:

Typtis. Typteis. Inon. Oinon.

ou bien quant on pense que l'une seule des deux doit estre prononcée: ce qu'ilz font en la plus grand partie de leurs diphthongues, prononçans tant seulement la derniere voyelle, comme Tiptis, pour Tipteis, inon, pour oinon: ayans opinion les aucuns d'eux estre impossible de faire en la langue Grecque, ce que les enfans, & nourisses savent faire en la nostre.

Aimatto

Mais quelle dificulté y a il plus grande à prononcer ai, & oi, en aimatto, aideo, oine typoien, qu'en ces autres françois, aimant, aydant, oindre, & moien: es quelz nous oyons resoner legierement les deux voyelles?

Deux abus en diphthongue, en l'escriture françoise.

Or je treuve qu'en nostre escriture nous en abusons en deux sortes, l'une, en ce que nous escrivons diphthongue au lieu d'une simple voyelle, & l'autre en escrivant une diphthongue pour autre.

Ai.

Voyons premierement doncques celles qui commencent par a, & considerons si ai, se treuve tousjours raysonnablement escrit, de sorte que les deux voyelles soient en la prononciation comme nous les voyons en aymant, aydant, hair.