Mais. Maistre. e.
Il n'ya point de doubte qu'en mais, maistre, aise, vous ny trouverez aucunes nouvelles de la diphthongue ay, mais tant seulement d'ung e que j'appelle é ouvert, comme ja j'ay dict. Parquoy telle maniere d'escriture est vicieuse en ceux là, & en tous autres semblables, es quelz la prononciation est autre que d'ai: comme vous pourrez cognoistre si vous les paragonez à aydant, aymant, es quelz elle est veritablement prononcée.
Ai pour ei.
Je treuve d'avantage que nous faisons bien souvent usurper à la diphthongue ai, la puissance de ei, comme en ces vocables sainct, main, maintenir: es quelz sans point de doubte nous prononçons la diphthongue ei tout ainsi qu'en ceint, ceinture, peindre, peinture, meine, emmeine. De sorte que si tu te joues de vouloir prononcer ai en ceux là, tu seras trouvé lourd, & de mauvaise grace, & avecq aussi bonne rayson qu'est le menu peuple de Paris quant il prononce main, pain, par ai. Ne soyons doncq pas plus lourds, & nyez en nostre escriture que nous ne vouldrions estre trouvez en la lecture: & escrivons pein, mein, & tous autres, es quelz nous oyons semblable prononciation par ei, ainsi que nous faisons peine, meine, ceint, ceinture, peindre, ayans tousjours comme je vous ay dict la prononciation devant noz yeux: car cest le vif, & le refrein de nostre escriture.
ao. au. Paovre.
Nous avons d'avantage en la prononciation la diphthongue ao, laquelle nostre escriture ne cognoist comme point, mais a au contraire en bonne recommendation la diphthongue au, qu'onques à mon advis langue de françois ne prononça en son langage, comme autant, cault, chauld, chevaux royaux, es quelz nous oyons distinctement la diphthongue ao, tout ainsi qu'en paovre.
Saoler.
Au contraire aussi nous l'escrivons en saoler, aorner, là ou il n'est nulle memoire de l'a, en la prononciation.
Aotant.
Vsons doncques de la vraye diphthongue en nostre escriture dont use la prononciation, & escrivons aotant, caot, & ainsi des autres, & mesmement qu'elle est hors du dangier des Calomniateurs. Car il est impossible d'en faire lecture en diphthongue, qu'on ne prononce le françois.