Préparatifs pour recevoir le maréchal de Retz.—Soupçon contre le comte de Montgommery.—Nouvelles d'Écosse et de Marie Stuart.
Au Roy.
Sire, ayant la Royne d'Angleterre estimé que Mr le mareschal de Retz, à son désembarquement, seroit bien ayse d'avoyr quelque espace de se pouvoir ung peu refaire du travail de la mer, premier que de se présenter à elle, ny luy aller explicquer sa légation, elle a advisé, pour cella, de le recevoyr à Canturbery, quatre lieues dans le pays, ville bien commode et assez espacieuse, où plusieurs seigneurs et dames de sa court se rendront; et est partie de Douvre, quelques jours plus tost qu'elle n'eût faict, et a hasté d'autant son progrès pour luy laysser cette, commodicté, mais ce n'a esté sans avoyr premièrement commandé qu'il me fût largement pourveu à tout ce que j'avoys demandé pour les vaysseaulx de son passage, pour les navyres de conserve, pour sa réception au sortir de la mer, et pour les chevaulx qui luy feroient besoing; de sorte que je vous puys assurer, Sire, qu'il est maintenant attendu, icy, avecques desir, et qu'il sera le fort bien venu et fort honnorablement receu en ce royaulme.
Le vidame de Chartres a envoyé prendre logis à Canturbery, qui ne sera sans que luy et les aultres gentilshommes françoys, qui sont par deçà, viennent saluer Mr le mareschal, et vueillent entendre curieusement de luy l'estat de la paix de vostre royaulme. Cependant j'ay, à toutes advantures, donné ordre que, pour les escrupulles qui me restent encores du comte de Montgommery, ung personnage que Vostre Majesté répute confident, soit, soubz aultre prétexte, allé à la Rochelle; lequel, après qu'il aura bien nothé toutes choses dans la ville, les vous yra dire, ou bien me les rapportera, icy, pour en advertyr Vostre Majesté.
Je n'ay apprins rien de nouveau d'Escoce, depuis mes précédantes, sinon que je viens de sçavoyr que le vieux Cauberon est arryvé, depuis deux jours, en ceste court, et que le Sr de Quillegreu le y a admené; et que l'on dict que le comte de Morthon, pour quelque nouvelle souspeçon, a faict mourir milord de Humes, sans attandre le parlement. La Royne d'Escoce est encores aulx beings, d'où elle m'a escript que l'uzage d'iceulx a commancé de luy provocquer des sueurs, qui luy font grand solagement à son mal de costé. Sur ce, etc.
Ce IVe jour de septembre 1573.
CCCXLe DÉPESCHE
—du XXe jour de septembre 1573.—
(Envoyée exprès jusques à la court par le Sr de Vassal.)