Ce XXIIe jour d'octobre 1572.
A la Royne
Madame, attendant ce qu'il vous plerra me commander sur les deux responces de la Royne d'Angleterre et des seigneurs de son conseil, que je vous ay envoyés le XXIXe du passé, et le XVIIIe d'estuy cy, je n'entreray en nulle plus grande négociation avec elle ny avec eulx; et seulement j'yray les entretenant en la meilleure opinion que je pourray pour les faire tousjours bien espérer de votre amityé. Mr Du Croc n'a pas trouvé que le Sr de Quillegreu luy ayt esté meilleur adjoinct qu'estoit le Sr de Drury; car a dict, soubz mein, aulcunes choses assez peu convenables à l'amityé d'entre la France et l'Angleterre; et s'est soubdein veue une semblable mutation de volontés par dellà, à cause de l'exécution de l'Admiral et des siens, comme je l'ay expérimantée en ce royaulme. Il y a plusieurs jours que je n'ay rien sceu de la Royne d'Escoce, sinon qu'on dict qu'elle est fort resserrée et fort rudement traictée. Il me viendra, possible, bientost quelque moyen de sçavoir de ses nouvelles, et je ne fauldray de vous en advertir incontinent. Sur ce, etc. Ce XXIIe jour d'octobre 1572.
CCLXXXIIe DÉPESCHE
—du IIe jour de novembre 1572.—
(Envoyée exprès jusques à la court par le Sr de Sabran.)
Audience.—Négociation du mariage.—Déclaration d'Élisabeth sur les massacres de France.—Désaveu fait au nom du roi de toutes les exécutions qui ont eu lieu ailleurs qu'à Paris.—Refus de la reine de s'expliquer sur la demande d'une entrevue autre part qu'à Douvres.—Son dessein de rappeler Walsingham.—Regret qu'elle éprouve de ce que le roi ne veut pas permettre au vidame de Chartres de rester en Angleterre.—Détails particuliers de l'audience.—Ferme opinion d'Élisabeth qu'une ligue est formée pour l'extermination des protestans.—Motifs qui ont dû empêcher la reine-mère d'accepter l'entrevue à Douvres.
Au Roy.