De ce que ses dictz subjectz, nonobstant voz bons et sainctz jugemens, lesquelz je vous ay ouy moy mesmes très dignement prononcer, sur le recouvrement de leurs biens, ne sont aulcunement satisfaictz;
De ce qu'on a, naguières, par ordonnance mesmes, comme on dict, de votre conseil, envoyé à ceulx de la Rochelle deux riches ourques, des trèze qui estoient arrestées à Plemmue;
De ce qu'on va, encores, fère ung noveau voyage avec une grand flotte, conduicte par voz propres navyres de guerre, au dict lieu de la Rochelle;
De ce qu'ayant, jouxte votre parolle, miz peyne de disposer le Roy, Mon Seigneur, à fère et uzer tout ainsy, envers vous et voz subjectz, comme il faisoit en temps de ferme et asseurée paix, ses lieutenantz et gouverneurs des frontières me calompnient de n'estre bien advisé en ma charge, de luy annoncer la paix, du costé d'où ilz n'ont ordinairement que la guerre.
Dont vous supplie bien humblement, Madame, que pour fère cesser toutz ces désordres et mauvais déportemens, lesquelz vous voyez qu'en fin pourront mouvoir et provoquer le Roy, Mon Seigneur, à ung juste rescentiment, d'où se pourra allumer ung feu que ceulx, qui en sont cause, ne pourront bonnement estaindre, ny vous acquérir, en tout le reste du monde, ung si grand et proffitable amy, comme ilz s'esforcent de vous fère perdre;
Qu'il vous playse, en premier lieu, fère publier ung mandement, le long de la coste d'Angleterre, qui soyt conforme à celluy que le Roy a mandé publier en celle de son royaulme, dont j'ay miz la coppie ez mains de votre secrétère Cecille, révoquant par ce moyen ceulx de voz subjectz qui, en aultre équipage, que ne porte le dict mandement, et, sans les submissions accoustumées, se sont miz en mer, avec désadveu de ceulx qui n'y vouldront obéyr, et qui continueront de corrompre et troubler le commerce d'entre ces deux royaulmes, affin de les chastier comme pillardz et larrons, ainsy que monsieur le mareschal de Cossé a ordonnance du Roy de se tenir prest pour en purger la mer, aussi tost que je luy auray faict entendre votre responce, vous voulant bien advertir que Sa Majesté Très Chrestienne ne permétra qu'aulcun navyre marchant sorte plus de ses portz, hâvres ny rivières, que cella ne soit faict:
Secondement, que, pour la restitution des prinses vous soyés contante de depputer ung ou deux personnaiges, de bonne qualité, anglois, pour aller en France, et il en sera depputé aultant de françoys pour venir en Angleterre, affin d'estre présens et adjoinctz sur les lieux aulx commissaires de la dicte restitution, pour tenir la main qu'elle soit droictement faicte:
Tiercement, que, pour oster le souspeçon et jalouzie que le Roy prend, et qu'il ne peult fère qu'il ne prègne, de la contratation de voz subjectz avec ceulx qui luy mènent la guerre en son royaulme, il vous playse, ores et pour l'advenir, leur fère quicter ceste routte de la Rochelle et de Broage, ayant charge, de la part de Sa Majesté Très Chrestienne, expressément vous offrir l'accommodement de toutes choses nécessaires, qu'ilz y vont quérir, et leur fère donner toute seurté, faveur et bon traictement, en les endroictz, qu'ilz vouldront choysir de son royaulme, qui présentement luy obéyssent.
Adviz donné par Mr. Norrys, ambassadeur pour la Royne d'Angleterre, prins de ses lettres, envoyées de Metz le xviiȷe d'avril.