LES DICTZ SIX ARTICLES SONT:

1. Que la Royne d'Escoce demande estre ouye personnellement en sa cause;

2. N'advouant toutesfois qu'autre que Dieu ayt jurisdiction sur elle;

3. Et qu'elle puysse desduyre son faict devant la Royne d'Angleterre, sa bonne sœur;

4. En présence de la noblesse du dict pays d'Angleterre;

5. A ce assistans les ambassadeurs de France et d'Espaigne;

6. En ceste ville de Londres.

L'ADVIS DES ADVOCATZ EST:

Quant au premier, qu'il est très raysonnable que chascung soit ouy en sa cause, nonobstant la constitution du droict canon par la quelle le juge, qui a entière et certaine vérification du faict, et qui estime que le criminel n'a que dire au contraire, le peult condempner absant; et nonobstant aussy l'authorité que le pape s'est attribuée de pouvoir juger et dispenser les absans; car cella est contre tout droict divin et humain, n'ayant Dieu mesmes voulu condempner Adam ny Eve, ni ceulx de Gomorre, absens, sans les ouyr, encor que leurs délitz luy fussent par trop cognus et manifestes:

Mais que la protestation, quant au segond, est ridicule, car cella n'a jamais lieu sinon quant ung criminel, par peur de prison ou d'autre supplice, craint d'estre contrainct de respondre devant un juge; mais en ce faict, où le criminel demande volontairement estre ouy, il admet et approuve taysiblement la jurisdiction de celuy par devant qui il demande estre ouy et respondre. Autrement cela serait semblable à une comédye sur ung théatre, que, la contestation de la cause ouye, jugemant ne s'en peult ensuyvre, et vaudroit autant proposer la question de Thiestes et Orestes.