Ce ve jour de décembre 1571.
Ainsy que je fermois la présente, la Royne d'Angleterre m'a mandé que celluy qui doibt aller en France, est desjà dépesché, mais que, pour quelques occasions, il n'en fault faire bruict.
A la Royne.
Madame, j'espère aller trouver la Royne d'Angleterre, demain après diner, et ne fauldray de luy incister vifvement, et néantmoins le plus gracieusement qu'il me sera possible, au nom de Voz Très Chrestiennes Majestez, qu'elle veuille faire suprimer le livre, qui a esté imprimé en ceste ville contre l'honneur de la Royne d'Escoce[18], lequel livre a esté réimprimé de nouveau en anglois, avec l'adjonction de quelques rithmes françoises, qu'on impute à la dicte Dame qu'elle les a composées, qui sont pires que tout le demeurant du livre. Dont requerray, Madame, que la censure des deux se face tout à la foys, et n'obmettray les aultres particullaritez qui concernent la Royne d'Escoce et les Escoçoys, ny de sonder, s'il m'est possible, à quoy réuscyroit l'office, que Mr de Glasco desire que Voz Majestez facent, d'envoyer icy ung gentilhomme tout exprès pour les affaires de la dicte Royne, sa Mestresse, ny s'il seroit honnorable pour Voz Majestez, et utille pour elle, de le faire; car, quant à estre agréable, j'ose desjà bien asseurer, Madame, qu'il ne le sera nullement à la Royne d'Angleterre. Tant y a que je réserve de m'en esclarcyr mieulx sur les propos que j'entendray d'elle mesmes, et d'en esclarcyr après Voz Majestez par les premières que je leur feray. Et sur ce, etc.
Ce ve jour de décembre 1571.
CCXXIIIe DÉPESCHE
—du xe jour de décembre 1571.—
(Envoyée exprès jusques à la court par le Sr de Sabran.)