De Londres ce xxıve d'octobre 1569.
Ainsy que je fermoys la présente, le Sr. d'Amour est arrivé avec vostre dépesche du vıȷe du présent, lequel a esté contrainct d'attandre quelques jours le passaige à Dièpe.
A la Royne.
Madame, avec les propos dont je fays mencion en la lettre du Roy, qui ont ceste foys esté tenuz entre la Royne d'Angleterre et moy, nous en avons heu quelques aultres qui concernoient le service de Voz Majestez Très Chrestiennes, et encores d'aultres qui regardoient les présens affaires de la dicte Dame, lesquelz seroient longs à mettre icy; mais par ung des miens j'en feray, du premier jour, entendre à Vostre Majesté aultant que j'estimeray qu'il vous pourra revenir à proffict ou à playsir de les sçavoir; et, pour le présent, je diray seulement à Vostre Majesté que ceste grande nouvelle de la victoire, que Monseigneur vostre filz a heureusement gaignée en Guyenne, relève si grandement la réputation de voz affaires, que, de tant qu'on cuydoit naguyères la couronne de France estre bien au bas et en ung très doubteux et dangereux estat, de tant estime ung chacun que vous l'avez meintennant establye et confirmée plus que nulle aultre de toute la chrestienté, dont je prie Dieu, qu'après ce tant digne exploict de force, il vous doinct à si bien employer la prudence sur l'establissement d'ung repos en vostre royaulme, que voz bonz subjectz y puyssent dorsenavant vivre en bonne seurté, sans être ainsy espouvantez, comme ilz l'ont continuellement esté despuys dix ans.
J'escriptz ung mot à Mon dict Seigneur votre filz, que je vous suplie très humblement commander luy estre envoyé, car ceste Royne s'attand qu'il luy escripve meintennant, comme il fit après l'aultre victoire du moys de mars; et baysant en cest endroict très humblement les mains de de Vostre Majesté, je suplieray le Créateur qu'il vous doinct, etc.
De Londres ce xxıve d'octobre 1569.
LXVIIIe DÉPESCHE
—du XXVIIIe jour d'octobre 1569.—