Ce xxvıe jour de febvrier 1570.
Sur la fin de la présente m'est venu advis qu'il y a heu rencontre, sur la frontière du North, entre millord Dacres, qui se retirait en Escoce avec quelque troupe, et milord de Housdon gouverneur de Barvich, qui l'a vollu empescher.
Extraict de la lettre de la Royne d'Escoce à Mr l'évesque de Roz, son ambassadeur.
J'ay receu, par ce pourteur, la lettre que m'avez escripte du vıe du présent, et suys fort marrye de vostre emprysonnement, à ceste heure que mes affères ont grand besoing de vous, sur le poinct qu'on m'a dict que le Roy a accordé d'envoyer deux mil hommes en Escoce; je vous prie, sollicitez Mr l'ambassadeur de fère instance à son Mestre qu'il les veuille haster, et advertissez l'arsevesque de Glasco et Rollet, de faire le mesme par dellà. Je vouldrois bien entendre quel secours nous aurons de Flandres. Je crains qu'il sera assés petit, et qu'il viendra bien tard; car j'entends que desjà la Royne d'Angleterre faict lever une armée de douze mil hommes en ce pays, et en veult envoyer, du premier jour, trois mil en Escoce, et puys après, y fère acheminer le reste par mer et par terre, avec intention, comme on dict, d'avoir, ou par moyen, ou par force, mon filz en ses mains, et puys après disposer de ma vie. Mais, si Dieu m'est favorable, comme je n'en doubte poinct, je ne crains poinct cella; néantmoins, je vous prie très affectueusement de le nottifier aulx ambassadeurs, affin que, s'ilz m'ayment et ayment mes affères, qu'ilz procurent de fère envoyer en dilligence le secours en Escoce. Il est bruict que le Roy d'Espaigne est fort mallade, et que le Roy a aultant à fère dedans son royaulme comme auparavant, et qu'il n'a peu fère la paix avecques ses subjectz, dont vous prie m'en faire entendre la vérité.
Extraict d'aultre lettre escripte par la dicte Royne d'Escoce à Jehan Cobert, secrétaire de Mr de Roz, du xıııe febvrier 1570.
Jehan Cobert, si vostre mestre est si estroictement gardé qu'il ne puisse vaquer à mes affères, ne faillez de trouver quelque moyen de me donner toutjours adviz des occurrences, le plus souvent que vous pourrez. Faictes mon excuse à Mr l'ambassadeur de France, si je ne luy escriptz par ce pourteur, car je ne m'ose fyer en luy; supliez le de parler à la Royne pour vostre mestre; et luy dictes que c'est Huntington qui, par malice, a procuré son emprisonnement; car luy mesmes m'a dict qu'il se vengeroit de luy. Priez le aussi, en mon nom, de solliciter le Roy, son Mestre, comme je le mande en l'aultre lettre, de haster le secours; car il peult veoir le grand dangier en quoy mon royaulme et mon filz et moy sommes.
XCIIe DÉPESCHE.
—du dernier jour de febvrier 1570.—
(Envoyée exprès jusques à Callais, par le sire Crespin de Chaumont.)
Détails circonstanciés de la rencontre qui a eu lieu entre milord Dacre et milord Houston; défaite de milord Dacre qui a été forcé de se réfugier en Écosse.