OULTRE LES DEUX PRÉCÉDANTES LETTRES,
le mémoyre, qui s'ensuit, a esté adjouxté à la dépêche:
Que le comte de Montgommery a escript, du XIIe de ce moys, à la comtesse, sa femme, comme il luy envoyoit la femme de son filz, et qu'elle ne fût plus en peyne de l'ung ny de l'aultre, car leur entreprinse alloit très bien;
Qu'il avoit deux mille cinq centz bons hommes de pied et envyron six centz chevaulx;
Que La Noue luy avoyt escript qu'il mît peyne de le venir bientost joindre, par le passage qu'il sçavoit: et ne le nommoit pas.
Lequel La Noue avoit de cinq à six mille hommes de pied, et envyron mille chevaulx, et assuroit que tout le Poictou, tant Papistes que Huguenotz, estoient unanimes avecques luy.
Que le dict de Montgommery espéroit avoyr bientost prins le chasteau de Valongnes, parce que, par un garçon qui alloit haster le secours, il avoit sceu qu'il n'y avoit plus munition, ny de guerre, ny de bouche, dedans;
Qu'il prioit la dicte comtesse de fère advertyr les soldats françoys, et aultres, de deçà, qui avoient intention de l'aller trouver, qu'ilz se hastassent, pendant qu'il estoit près de la mer, parce que, quand il auroit marché en pays, il seroit difficile de se pouvoir conduyre jusques à luy;
Que, par des lettres de la Rochelle, du premier, de ce moys, lesquelles le Sr de La Mothe Fénélon a trouvé moyen de voyr, semble que le ministre Textor ayt esté seulement dépesché par deçà, de la part du dict La Noue; et que, passant au dict lieu de la Rochelle, il ne luy ayt esté donné aulcune instruction, ny mémoyres, par les habitans; lesquelz monstrent que ceste reprinse d'armes ne leur plaist; et ne s'y joignent qu'à regret, se contantantz de l'édict qui est favorable pour eulx, et qu'ilz sentent qu'il y a, je ne sçay quoy, de trop maulvais, et du désordre beaucoup dans le fondz de l'entreprinse, dont n'en espèrent bien.
Néantmoins leur agent, qui est icy, s'est envoyé excuser, vers le dict Sr de La Mothe, s'il n'alloit plus le visiter comme auparavant, parce que les choses estoient changées, et qu'on s'estoit, de rechef, esmeu en France pour la cause généralle de la religion; de laquelle il pensoit que ceulx de sa ville ne se voudroient séparer.