Escript à Paris, le IIIe jour de novembre 1572.
Vostre bon frère et cousin.
CHARLES. PINART.
Nota. Deux lettres de créance furent écrites, le même jour, dans les mêmes termes, par la royne-mère et par le duc d'Anjou.
ARTICLES PRÉSENTÉS A LA ROYNE D'ANGLETERRE
par Mr de La Mothe Fénélon, et responses faictes, au nom de la Royne, par milord de Burgley.
—du XVIIe jour de novembre 1572.—
Par une dépesche du Roy, du troysiesme de ce moys, au Sr de La Mothe Fénélon, son ambassadeur, il luy a mandé présenter une sienne lettre à la Royne d'Angleterre, sa bonne sœur, et une autre de la Royne, sa mère, et encores une aultre de Monseigneur, frère de Sa Majesté, lesquelles estantz en créance sur le dict ambassadeur, il a expliqué sa dicte créance à Sa Majesté et aux seigneurs de son conseil aux articles qui s'ensuyvent:
Art. 1er. Le premier est comme le Roy, sur les couches de la Royne Très Chrestienne, sa femme, qui sont premières et ont esté heureuses et sans aucun danger, et sur la naissance d'une petite princesse leur fille qu'il a pleu à Dieu leur donner, il a bien voulu faire une espécialle conjouyssance avec la Royne d'Angleterre, sa bonne sœur, comme avec celle d'entre tous les princes et princesses de la Chrestienté qu'il s'asseure que reçoit plus de plaisir d'entendre ses prospérités, et qu'il la prie de vouloir desjà mectre ceste sienne petite parante au roolle de ses meilleures alliées, et des plus certaynes confédérées, comme sont tous les aultres de ceste couronne.
Réponse.—Au premier, Sa Majesté a respondu à Monsieur l'Ambassadeur.
Art. 2. Qu'il la prie de croire qu'il persévère et persévèrera très constamment en la résolution qu'il a prinse, d'entretenir à jamays la vraye et parfaicte amitié qu'il luy a jurée, et observera droictement tous les poinctz du traicté qui est entre eulx, et la secourra, quand elle en aura besoing, contre qui ce soit au monde, et fut ce pour cause de religion; et qu'il se resjouyt infiniment de ce que par les responces qu'elle a faictes, icy, au dict Sr de La Mothe, et par celles qu'elle luy a faictes faire à luy mesmes, par delà, par le Sr de Walsingham, depuis l'évènement des choses de Paris, elle luy a renouvellé, et luy a confirmé la semblable persévérance de sa part vers luy, ce qui luy entretient bien vifve, et à la Royne, sa mère, l'espérance de l'aultre bon propos de Monseigneur le Duc, son frère, et leur augmente, de plus en plus, à tous eulx, l'extrême desir qu'ilz ont de le veoir bientost effectuer; dont, touchant ces deux poinctz, il requiert que, quant à celuy de la confédération, il plaise à la Royne, sa bonne sœur, d'accomplir ce qui reste des deux articles du commerce et de la paix d'Escosse, affin qu'on ne puisse, cy après, arguer le traicté d'invalidité comme n'ayant sorty à effect; et, quant à l'alliance, qu'elle luy vueille fère et à la Royne, sa mère, entendre la plus ample déclaration de sa volonté, ainsy qu'ilz l'ont attendues, et attendent, depuis plusieurs jours en ça, avec très grande dévotion, et la souhaitent de tout leur cueur estre bonne.