Les osselets modernes sont de petits os ou de petits morceaux d'ivoire façonnés en forme d'os, que l'on essaye de faire tenir sur le revers de la main, que l'on jette en l'air et que l'on reçoit ensuite. On s'en sert aussi pour divers tours d'adresse. On prend cinq osselets dans la main; on en jette un en l'air, et l'on pose les autres sur la table. On en reprend un avant que le premier soit tombé, et ainsi de suite jusqu'au dernier. Comme toutes les manières de jouer sont nommées, celle-ci s'appelle les premières. Voici les secondes: On prend deux osselets à la fois pendant que les premières retombent; aux troisièmes on en prend trois, et quatre aux quatrièmes. Ensuite on se sert de l'osselet qui est en main, on le baise, on passe la main derrière le dos, pendant que celui qu'on va recevoir est en l'air. Viennent ensuite les passes-passes. Il faut, pendant que l'un des osselets est lancé, et avant qu'il revienne dans la main, faire passer avec la main droite tous ceux qui sont restés sur la table, sous le pouce et l'index de la main gauche disposés comme une arche de pont. On fait des échanges en mettant un osselet à la place d'un autre; des rafles, en ramassant tous les osselets ensemble; des creux, des dos ou des plats en les retournant tous les uns après les autres, pendant qu'il y en a un en l'air, sur le côté que ce nom indique suffisamment.

LE PANTIN.

Ce jouet, en apparence plus puéril que tous ceux dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent, a cependant aussi des souvenirs historiques qui nous forcent de nous y arrêter.

Les pantins sont définis ainsi dans un vieux livre: «Petites figures peintes sur du carton, qui, par le moyen de petits fils que l'on tire, font de petites contorsions propres à amuser les enfants.»

Quelquefois on nomme aussi du nom de pantins des poupées de bois ou d'autres matières, qui se meuvent également avec des fils. De tels jouets ont été trouvés dans les tombeaux de Thèbes et de Memphis. Une barque en bois, qui se voit au musée du Louvre, est montée par de petits rameurs qui devaient se mouvoir. Dans les tombeaux de Rome ancienne, on a également trouvé des pantins de différentes matières, en os, en ivoire, en bois, en terre cuite; mais sous cette forme le pantin se rapproche plutôt des marionnettes, comme celles que nos enfants font agir dans les petits théâtres de carton, ou comme celles qu'ils vont admirer aux théâtres de Polichinelle et de Séraphin. Nous n'avons en France que ces marionnettes traditionnelles. Dans les pays étrangers, comme en Allemagne, et surtout en Italie, elles ont plus de variétés, sont beaucoup plus répandues et sont appréciées de tous les âges. Les théâtres de marionnettes, en Italie, représentent des pièces satiriques, souvent très-spirituelles, et dont le peuple fait ses délices, comme autrefois les Athéniens. On trouve dans Platon des comparaisons tirées de cet amusement favori: il représente les hommes comme des marionnettes que des fils font mouvoir; les fils des passions tirent l'homme de tous côtés; un seul lui donne une bonne direction: c'est le fil d'or de la raison.

Pour revenir au simple pantin de carton, nous dirons qu'il eut dans le siècle dernier une vogue incroyable. On en trouvait partout. Les plus grandes dames s'en amusaient comme des enfants et les portaient même à la promenade. On en fabriquait de simples et de compliqués, à tous les prix. C'est alors que l'on composa cette chanson sur laquelle encore aujourd'hui on fait danser les pantins:

Que Pantin serait content

S'il avait l'heur de vous plaire!

Que Pantin serait content